Virez-moi ce touriste.
Sunday 20 August 2006Dans mon salon, là, sur l’étagère, il y a une boîte verte, une boîte de feuilles Quickload Fuji Velvia 100F. À l’intérieur, des négatifs restés en bande. Hors-concours. Origine ? Mali, janvier dernier, le tournage de Faro. Cet article devrait se trouver du côté de Regards d’Afrique, mais non : pas du tout.

Ce soir, je suis tout à fait seul, Lise-Marie est partie en vacances avec son père, j’ai regardé l’Héritière, un peu naïf, quelque chose de gentil, mais résolument reposant après la piscine et ces gros cons qui nagent à deux à l’heure et t’envoient leurs bras dans la tronche. Je profite de ma solitude imposée pour ranger ces négatifs et ce n’est pas joyeux, je cerne enfin pourquoi je les ai laissés tout le temps dans leur méchant coin.
Ce n’est pas la gloire. D’abord, il y a ce négatif pourri par quelque saloperie au développement, ou autre chose, je ne sais pas. Je m’aperçois aussi que je ne sais plus bien écrire, que je n’ai pas vraiment plus de vocabulaire, sûrement moins qu’à huit ans.
Les photographies sont désagréablement distantes. Soit, elles reflètent assez ma situation sur le tournage, pas très à l’aise avec tout ça, arrivé comme un cheveu sur la soupe. N’empêche, c’est résolument navrant, comme résultat. Au lieu de développer les quelques liens tissés avec certains membres de l’équipe et ainsi, asseoir un point de vue, je veux dire : de quoi saisir le « truc », je me suis laissé aller à photographier tout et n’importe quoi. Du vrai rien. Sûr, il y a de jolies images dans le lot, mais aucune qui en ressorte pour raconter ce qu’est un tournage en Afrique ; rien que des photos « techniques », des saloperies un peu jolies mais sans goût. Des photos un peu putes, et encore ! mal maquillées.
J’ai rien compris de ce qu’était le cinéma en Afrique. Il m’a fallu deux voyages et un peu de temps pour le comprendre. J’ai loupé l’essentiel. C’est mon école. Mais, ‘sûr que je vais corriger. La prochaine fois, pas de Nikon F5, pas de zoom 80-200 à la con, rien de tout ça. Un Nikon FM. Un 50 mm. Et puis de la pellicule.


