Portraits & méditation pour le magazine Clés.

Il y a quelques mois, j’ai décidé qu’il était temps de retourner voir ces iconos qui, alors que je débutais ma carrière de photographe, m’avaient fait remarquer que j’avais encore du chemin à faire (et Dieu ! qu’ils avaient raison)…

meditation

Mai 2012. Federico Procopio (à gauche), moine boudhiste, et le philosophe André Comte-Sponville (à droite). Photos: Antoine Doyen

J’ai donc recontacté Nelly, ancienne chef photo chez Premiere. Autour d’un café, elle a su prendre le temps de me donner quelques conseils, au premier rang desquels : contacter le magazine Clés. Après avoir rencontré la sympathique équipe, j’ai reçu pour mission de photographier messieurs Procopio (à gauche) et Comte-Sponville, qui tous deux pratiquent la méditation en position Zazen. C’était véritablement rafraichissant de les photographier dans un tel contexte, il fallait que la photo raconte leur pratique de la méditation… et c’est quelque chose d’intime, de délicat… Nous avons pu prendre le temps de discuter, de trouver la photo juste. Mon travail photo a beaucoup tourné autour du monde de la politique, de la finance, etc., ces derniers mois, et ce duo a agréablement ramené un peu d’air frais dans ma pratique !

Ces deux portraits viennent de paraître dans le numéro estival de Clés : bonne lecture !

 

Eric Abidal pour GQ (Italie).

Une semaine tranquille en juin, quelques petits portraits et puis, le jeudi soir, un coup de fil de Milan : le service photo de GQ me demande si ça me dirait de faire un petit aller-retour à Lyon le samedi. Bingo.

Eric Abidal pour GQ Italie, Août 2011. Photo: Antoine Doyen

Au départ, c’était un sujet comme un autre, mais le texte de Riccardo Romani a fait forte impression sur le réd’ chef et le magazine s’est dit qu’en couverture, ça passerait pas mal… C’est peu dire que je suis fier d’avoir eu cette chance ! Alors que le quotidien d’un photographe se partage entre shooting, bureau (préparation des sujets, prises de retard…) et relance de magazines pour lesquels on rêve de travailler… et là… bam ! c’est l’un d’eux qui t’appelle sans que tu ne les aies jamais contactés !  Evidemment, j’étais terrorisé à l’idée de me louper. Stefano, le rédacteur photo, me demandait un «portrait puissant» (euh…) et il était question de demander si, à tout hasard, je pouvais photographier la cicatrice d’Eric Abidal qui, quelques mois après une opération du foie, a trouvé le temps de remporter la Ligue des Champions avec le F.C. Barcelone. Pas mal, joli brief, un peu de pression évidemment (première collaboration) et finalement… un footballeur très cool, un journaliste très sympa : en une vingtaine de minutes, la série était bouclée. Ne restait plus qu’à remettre les meubles à leur place dans la chambre d’hôtel.

C’est peu dire que c’est une belle surprise, et l’une des plus jolies publications que j’aie pu faire. Le reste du sujet est visible sur ma page facebook.

Cannes !

Oui, je le dis comme un grand « ouf » de soulagement… L’an passé, j’avais terminé le festival à 10 de tension (véridique), alors cette année, je ne me suis pas fait avoir : on ne mélange pas les alcools et on rentre tôt !

Director Bouli Lanners with actors  Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel at the Cannes Film Festival for the movie "Les Geants". (Photo: Antoine Doyen)

Le réalisateur Bouli Lanners et les jeunes acteurs de son film "Les Géants" au Festival de Cannes.

Quatre à cinq rendez-vous par jour, tout de même, plus d’une trentaine de portraits… rythme frénétique, contraintes difficiles – oui, il y a « trop » de soleil à Cannes… et surtout trop de surfaces blanches à mon goût ! Quelques jolies séries quand même, elles n’auront pas toutes été publiées mais c’est la dure loi de la presse : la pagination de Métro s’est retrouvée bousculée par l’affaire Strauss-Kahn, forcément. Les images se retrouvent donc chez Contour by Getty Images,  elles vont faire leur vie dans le monde entier au gré des sorties de film. Quant à moi, je retourne me coucher… oh ! non : le travail a déjà repris.

Nikon D3s, ski, neige & cinéma.

Billet publié sur le blog de Nikon France.

Fin janvier, je me suis retrouvé au festival de cinéma de l’Alpe d’Huez, qui met en avant des comédies. But du jeu ? Photographier réalisateurs et acteurs présents, en commande pour Studio Ciné Live. Après deux journées « calmes » (portraits le matin, ski l’après-midi), le vendredi s’est révélé costaud… 10h à 17h, portraits ! Portraits. Et portraits.

L'acteur Laurent Lafitte au festival de l'Alpe d'Huez, janvier 2011. Photo : Antoine Doyen

L'acteur Laurent Lafitte au festival de l'Alpe d'Huez, janvier 2011.

Le Nikon D3s et les basses lumières.

Les photographes savent que la neige, c’est un sacré réflecteur… lumières du tonnerre quand on est en intérieur et que l’orientation joue pour vous. Mais faut pas croire, l’écart entre l’extérieur et l’intérieur tourne autour de 6-7 diaphs (au jugé). C’est parfois un peu sombre, et quand on n’a que quelques minutes pour assurer un portrait, mieux vaut jouer sur les hautes vitesses !

Avant de partir, je savais que je serais souvent à 800 iso (je n’ai emporté qu’un réflo, les flashes sont restés au placard), avec la ferme intention de monter plus haut si un portrait tombait en fin de journée… Alors j’ai pris mon téléphone et j’ai appelé Nikon : « j’ai un D700, c’est pas mal, mais je risque vraiment de le pousser dans ses derniers retranchements… » Hop ! D3s et 85 mm f1.4 G dans le sac ! J’ai eu le nez fin : fin de journée, on m’appelle. Il est 17h30, la nuit tombe… « Arié Elmaleh retourne à Paris dans 30 min., tu peux passer le photographier ? » On range vite fait les skis, on prend le sac… me voilà dans sa chambre, il termine sa valise, enfilera son hoodie puis sa veste au cours de la séance… On est à 2000 iso, mélange de lumière tungstène et jour… chaud. Le D700 aurait eu un peu de mal, surtout dans l’équilibre des couleurs… le D3s s’en sort comme un chef. Tons chauds, bruit limité… Ouf ! on n’avait que 5 minutes.

85 f1.4 et portraits.

Jusqu’ici, mon équipement pour le portrait se résumait au 24-70 f2.8 G et au 50 mm 1.8D, une sacrée optique pour son prix… pas forcément meilleure que le 1.4, non, mais pfiu ! efficace (et pas cher… ce qui compte). Mais tellement moins que le dernier 85  F1.4… ok, OK. D’accord. Le second coûte 10 ou 12 fois plus cher que mon 50. Mais là, je me disais aussi qu’en utilisant les lumières naturelles ou tungstène sur place, je me retrouverais souvent avec de forts contre-jours – on n’a pas toujours la possibilité de bien choisir son cadre ou transformer le décors… Et bien… WOW. Vraiment. J’exagère, mais quand même : c’est à se demander si l’optique n’intègre pas un petit flash tant elle fonctionne bien dans les situations difficiles… Ça coule de source, mais je confirme tout de même : ça bave pas, piqué au top, joli « bokeh »… Le genre de trucs auxquels je ne pense jamais parce qu’après tout, je m’en fiche. Mais quand même : ça bute bien. Va falloir que j’aie le mien… (ndlr : à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai effectivement le mien. Nikon aussi a eu le nez fin quand ils ont accepté de m’en prêter un…)