Retour de festival, quelques portraits !

Ce week-end, j’étais à Bruxelles en compagnie de Florence pour le Festival des Cinémas Africains. Sachant qu’il y aurait quelques invités, j’ai emmené mon réflecteur ! Dont Florence s’est par ailleurs fort bien occupée.

atxl Eric Ebouaney

J’ai pu photographier au foyer du théâtre Molière des gens comme Eriq Ebouaney (photo), Angèle Diabang-Brener, René Vautier, Ramadan Suleman, Mahama Johnson Traoré ou encore William Mbaye.

Je regrette un peu de ne pas avoir croisé Boubakar Diallo, également présent, mais j’avais déjà eu l’occasion de le photographier à Ouagadougou il y a… oh la vache, déjà trois ans !

Évidemment, j’ai déjà glissé mes quelques portraits sur Photoshelter… avis aux iconos !


Portraits a l’occasion du Festival Afrique Taille XL – Images by Antoine Doyen

Mais, pourquoi paierait-on les photojournalistes en salaires ?

…et parfois, J’ai très envie de répondre au premier degré. Comme ce matin. Une question m’a fait réprimer un soupir de désespoir… j’y viens.

dejeuner pigistes

Travailler ensemble…

J’assistais au Petit Déjeuner de la Pige en compagnie de Carl (photo) fraîchement revenu de Madagascar, Joseph, Pierre, Jean-Marie & quelques autres. Le thème de ce matin ? « La collaboration rédacteur-photographe ». Parmi les intervenants (photo ci-dessous), Gabrielle Blanchout, de l’association Profession : Pigiste, venue présenter Jérômine Derigny, photo-journaliste, et Aude Raux, rédactrice-presse, toutes deux membres du collectif Argos.

De quoi a-t-on entendu parler ? Du rapport entre photographe et rédacteur en conditions de reportage, ce qu’a largement expérimenté Argos pour son travail de cinq ans sur les réfugiés climatiques ; les journalistes ont élaboré et développé leurs sujets en binôme.

…pour mieux vendre ses sujets ?

Je suis volontiers convaincu que travailler à deux donne une véritable valeur ajoutée à un sujet. Comme l’a rappelé Aude Raux, on profite de deux réseaux, on s’épaule, etc. Quand à la question de la rémunération, son collectif a fait le choix de l’équité : le salaire, c’est 50-50, puisqu’ils estiment que photographe & rédacteur font le même travail de recherche journalistique. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me parle !

…et être payé.

Et là, c’est le drame. Parce que, quand on parle salaire et travail en indépendant dans la presse… c’est la cour des miracles ! Une jeune femme, auteur-photographe, prend la parole : « Mais pourquoi  vous vous faites payer en salaire ? C’est plus facile qu’en droits d’auteurs ? » J’ai failli bondir ! à ma gauche, Joseph soupire…

Alors permettez-moi ce rappel capital, et je remercie Google de bien vouloir indexer correctement ce que je vais écrire : tout travail de journaliste doit être payé en salaire.

Cette disposition ne doit souffrir aucune contradiction puisque c’est la loi-même qui le dit. Que l’on soit un journaliste pigiste ou en poste, c’est la même chose ! Les rédacteurs  sont plus rarement confrontés à ce problème (quoique)… mais nous-autres photo-journalistes, que voulez-vous… nous sommes… nous sommes des artistes !

Le mot est lâché. Artiste. « Artiste-auteur », même, c’est un statut et c’est l’Agessa qui s’occupe de nos cotisations. Malheureusement, on oublie trop souvent que ce statut ne doit servir qu’à vendre des tirages d’art, des créations originales, mais certainement pas un reportage pour la presse.

Je viens de terminer mon travail pour Télérama Sortir. Quand j’ai demandé à être payé en salaire, mon interlocutrice a semblé surprise… surprise. Carrément. Mais n’a pas refusé pour autant. On parle souvent de ces patrons qui « voudraient nous exploiter », ou quelque chose dans le genre, mais on oublie un peu ces photographes qui font fi de leurs propres droits. Souvent pour une raison un peu idiote : on gagne immédiatement un peu plus en éditant une note d’auteur qu’en recevant un bulletin de paie… du coup, on se retrouve sans sécu, ni retraite. Et je ne parle même pas du chômage… Bon, et puis il y a aussi une certaine ignorance de ses propres droits dont profitent nos commanditaires : après tout, c’est moins de charges pour l’entreprise…

Quand on n’est pas payé en salaire, et qu’on laisse de côté la sécurité sociale, alors on va au devant de graves ennuis financiers en cas de maladie, d’accident… Le cas de la légendaire Françoise Demulder est à ce titre tristement exemplaire :

« Le 29 octobre 2003, une vente de solidarité réunissant 300 tirages de photographes internationaux, organisée à la Galerie Vu à Paris, rapporte la somme de 171.000 euros, destinée à venir en aide à la photojournaliste française gravement malade et démunie de couverture sociale. Lors des enchères, la photographie qui avait valu le World Press Photo à Françoise Demulder est adjugée pour 11.000 euros à Yann Arthus-Bertrand. » (source : Wikipedia)

S’il vous plaît, chers confrères photojournalistes : faites-vous payer en salaire !

Et si vous vous retrouvez dans des situations ambigües face à des patrons indélicats, des associations comme Freelens, ou bien la liste « piges » sont là pour vous aider !

[EDIT] et pour enfoncer le clou, une petite définition :

Un pigiste est un journaliste rémunéré à la tâche (par exemple au nombre de caractères ou de pages pour un rédacteur, à la durée dans l’audiovisuel, au nombre d’images pour un photographe…). Un pigiste peut collaborer à un ou plusieurs médias.
fr.wikipedia.org/wiki/Pigiste

dejeuner pigistes

"Ce n'est pas grave si le téléphone ne sonne pas".

C’est en tout cas l’avis de Mat Jacob que j’ai rencontré pour lui présenter mon sujet sur le deuil de ma grand-mère. On prend le temps du recul, on réfléchit à ses sujets, puis on les réalise… avant que le téléphone ne re-sonne ?

Au cours de notre discussion, je crois que j’ai trouvé un titre : « Temps Mort ». Selon google, il y a un livre d’Harlan Coben, un album de Booba, une série TV, un teen-movie… maintenant il existe un sujet photo qui porte ce titre.

J’ai montré le sujet à plusieurs personnes, des hebdos chrétiens ou non aux amis en passant par certains profs de l’EMI-CFD et bien sûr : ma grand-mère (photo). Le retour est varié, c’est un peu dur de s’y retrouver. Publiable, pas publiable… les avis divergent depuis le premier editing en août dernier. J’ai eu l’occasion de remanier l’editing ; la dernière fois : pas plus tard qu’hier soir.

C’est le sujet le plus personnel qu’il m’ait été donné de produire et, du coup, le recul me manque. De fait, je passe le plus clair de mon temps à appeler les services photos (obtenir des commandes) et leur montrer mon travail (obtenir des commandes). Pas mal de doutes esthétiques et autres entre les deux.

Je dois désormais rédiger des légendes, quelque chose qui respecte et porte le sujet. Bientôt, je vous le montrerai. Un livre, une expo… une publication ? Je ne sais vraiment pas ce qu’il va en advenir.

Ah! mais si, si : je travaille, en ce moment.

Entre une lessive et School’s out sur Guitar Hero, je travaille (oui).

Alors, voilà. La semaine dernière, je n’ai fait que téléphoner, re-traiter, trier, ranger ? C’est pas mal. Mais la semaine d’avant était plutôt chouette : un portrait pour Famille Chrétienne le mardi, un rendez-vous pour Challenges le jeudi.

Vendredi, je suis un peu sorti des seuls portraits pour Monocle : j’ai photographié la rue de Seine (Paris VIe). avec un de leurs correspondants à Paris, Tobias Grey (ci-dessus : la maison Prouté). Les boutiques de la rue, ses commerçants…

Jolie aventure, Monocle. Il y a quelques mois, Georges Bouyx, que j’avais rencontré à Cannes il y a quatre ans, est devenu instit’ et n’est pas dispo. du coup, il me fait suivre un mail de la rédactrice photo… Elle a déjà trouvé quelqu’un d’autre, mais on garde le contact. Régulièrement, j’envoie quelques nouvelles photos… et voilà ! l’occasion s’est présentée de travailler ensemble. Pourvu que ça dure ! Cette première collaboration est à paraître dans le numéro de fin novembre de ce joli magazine britannique.

En revanche, rien de prévu cette semaine… avis aux iconos !