Maintenant, je sais que ça rend bien, un portfolio sur iPad !

Je travaille avec Wonderful Machine depuis un petit moment. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissez pas, il s’agit d’un service dont le but est de permettre aux éditeurs photo de trouver un photographe partout dans le monde… et vice versa.

ipad folio

Mon portfolio iPad réalisé par Heiner Hauck Portfolios.

Grâce à eux, j’ai obtenu quelques commandes de clients basés aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie… et comme j’entends développer mon travail auprès de clients américains (l’un de mes rêves étant de pouvoir travailler à la fois en France et aux États-Unis), j’ai décidé il y a quelques mois de leur envoyer mon portfolio pour qu’ils puissent montrer mon travail auprès des clients auxquels ils rendent visite régulièrement. Éditer un book se révélant souvent un cauchemar, j’ai pas mal procrastiné sur la question… jusqu’à ce que Kayleen me contacte la semaine dernière : ils préparaient une séries de rendez-vous au cours desquels présenter mon book serait pertinent ! Et comme c’était urgent… c’était l’occasion de revoir un peu mes récentes prises de vue.

Si vous avez déjà vu un portfolio professionnel, vous savez sans doute que c’est sacrément lourd… envoyer le mien en Pennsylvanie, où Wonderful Machine a ses bureaux, allait être couteux. Mais je me suis dit que présenter mon travail sur iPad de temps en temps n’avait jamais posé de problème… alors j’ai décidé de trouver une « boîte » pour l’iPad, quelque chose qui paraisse suffisamment professionnel, venu d’un photographe. J’ai demandé autour de moi et on m’a conseillé Heiner Hauck Portfolios, dont Susi Faller s’occupe de la distribution en France.

La compétition est rude aux USA, et bien des clients prêtent attention à la façon dont vous présentez votre travail (remarquez… comme partout ailleurs, après tout). Que les images soient révélatrices ou non d’un certain talent, la façon dont elles sont présentées compte énormément dans l’appréciation de votre professionnalisme. Qui n’a pas envie de paraître pro quand il est question de travail ? Le talent est affaire de subjectivité… mais livrer ses images à temps, entre autre, est bien moins affaire de sensibilité personnelle, par exemple (enfin, j’imagine…). C’est ce pour quoi je voulais un book efficace et « droit-au-but », quelque chose qui soit révélateur de ma manière de travailler, que l’on apprécie ou non mes photos. Après tout, je ne serais pas là pour le présenter en personne…

La conception du book.

Bien sûr, le prix n’est pas un détail and envoyer un iPad dans une jolie boîte aux États-Unis n’est pas particulièrement donné… Mais un book imprimé non plus, cela dit, et c’eût été délicat, de le mettre à jour depuis la France… alors j’ai opté pour l’iPad.

ipad portfolio 2

App / J’utilise l’application « Portfolio » éditée par « A Photo Folio« , chez qui j’héberge mon site web : elle n’est pas parfaite, mais elle fonctionne en lien avec mon site, ce qui permettra aux représentants de Wonderful Machine de le mettre à jour aisément quand je les préviendrai d’un nouvel editing !

iPad / J’ai choisi la première version de l’Ipad, parce qu’elle est largement suffisante : si la résolution n’est pas aussi élevée que sur le dernier sorti, on ne s’en rend pas vraiment compte à moins de les comparer côte à côte.

Portfolio / Heiner Hauck réalise des portfolios sur-mesure, and j’ai donc pu choisir librement taille et couleur, afin qu’il soit raccord avec mon site. La fabrication prend quelques semaines et ce n’est définitivement pas gratuit (le mien a coûté autour de 600 euros, sacoche incluse) mais c’est un objet magnifique ! Et c’est vraiment important quand il se retrouve sur une table entre quelques autres magnifiques séries de photos… Vous pouvez vous les procurer auprès de Susi Faller.

À l’heure où j’écris ces lignes, Wonderful Machine n’a pas encore reçu le book, et je ne sais donc pas encore si c’était le meilleur choix à faire… mais je me rappellerai toujours de cette phrase que m’a sorti une acheteuse d’art, à l’époque où je commençais à peine à montrer mes photos : « si tu n’es pas prêt à investir dans ton propre travail… ne t’attends pas à ce que d’autres le fassent pour toi ». Elle parlait notamment de la qualité des tirages… alors après avoir entendu ça, je me suis mangé un gros découvert à la banque : j’ai investi dans des tirages vraiment pro, j’ai acheté un « vrai » book avec couverture en cuir… et… vous savez quoi ? c’est à ce moment que j’ai commencé à avoir de plus en plus de commandes !

à suivre…

Au lit avec Ikea ! Les coulisses.

Début juin, j’ai shooté une pub’ web pour Ikea. Et comme c’était l’une des premières pubs que je réalisais… l’expérience était plutôt excitante ! C’était destiné à une animation flash : pas de changement intempestif d’éclairage… il fallait tout caler.

ikea behind the scene

On arrange la couette entre deux prises… Photo: Antoine Doyen

On a shooté à La Plateform, un très chouette studio parisien, la journée a passé toute seule… comme le montre assez bien cet album. Et puisque ce projet a suscité l’intérêt de Wonderful Machine, avec qui je travaille régulièrement, ils ont écrit une très chouette note sur leur blog : allez y faire un tour si vous êtes curieux de savoir comment la journée s’est déroulée !

J’oublie souvent mes photos.

Ça faisait un bail qu’on ne s’était pas parlé, si ? Ecrire sur son blog que l’on ne poste plus très souvent sur son blog est un exercice obligé pour le blogueur… Mais la raison est toute simple : il faut bien admettre que plus vous travaillez comme photographe, moins vous avez de temps pour prendre du recul sur ce vous faites…  Quand j’ai commencé, j’avais du temps ET le besoin de me raconter sur le blog. Aujourd’hui, c’est un peu différent. Mon autre problème, c’est que je ne veux pas révéler les photos avant qu’elles n’aient été publiées et, une fois qu’elles le sont, je suis déjà sur autre chose…

Été 2010. Le jour de mon mariage.

Il se trouve que j’apprécie toujours de prendre de la distance par rapport à mes images. Mais j’avais besoin de quelque chose de différent, de plus rapide et aisé à utiliser… Vous avez dit Tumblr ? Eh bien, voilà, je m’en suis créé un nouveau :

I often forget pictures

…Parce que j’oublie souvent les photos que je prends. Parce que, de temps en temps, elles réapparaissent sur une pellicule, un disque dur… n’hésitez à suivre & commenter !

Le téléphone pleure. Emails, coups de fil & réponses.

Comme la plupart d’entre vous, je lis régulièrement le blog A Photo Editor. Récemment, je suis tombé sur sa note « Cold Calling » (littéralement « appel à froid », sans raison).  Qui est un putain de problème pour le photographe indépendant… vous savez, on envoie des mails, et personne ne répond… « est-ce que je ne devrais pas plutôt appeler ? » De tous mes petits soucis – professionnels – quotidiens, celui-là est sûrement le numéro 1 de ma liste. Vous utilisez aussi une to-do-list, non ? Dans la mienne, il y a une paire d’items du genre « rappeler untel »… et la plupart sont déjà périmés. Tiens, par exemple, déjà 46 jours que je veux appeler Libé pour leur présenter mon travail (j’ai honte).

Mais, attendez ! le problème est assez simple :

« APE: What I’m trying to get at, is do you have a reason for calling them other than they looked at your work? Obviously if they liked it and had a job they would call you. What are you going to say on the call that will move things forward? »

(Ce que j’essaie de comprendre, c’est : as-tu une raison de les appeler (ndr: acheteur d’art, service photo…), autre que de savoir s’ils ont vu ton travail ? À l’évidence, s’ils ont aimé et qu’il y avait un job pour toi, ils t’auraient rappelé. Qu’est-ce que tu vas trouver à dire qui permette de faire avancer les choses ?)

C’est vrai : si j’envoie des photos, un synopsis à un icono… pourquoi ne me répondrait-il pas s’il a apprécié ? Mais ce serait trop simple… Pour être honnête, je pourrais dire que, selon mon expérience… il n’y a pas de règle. On est bien avancé, pas vrai ? Mais je vous rassure : ce n’est qu’à moitié vrai. Ça va dépendre des magazines, agences, etc. avec lesquelles vous cherchez à travailler, et donc des personnes que vous cherchez à contacter. De surcroît, il y a une sacrée différence entre la France et les autres : par ici, il semble difficile d’obtenir une réponse à un mail… de fait, ceux dont je sais qu’ils vont toujours me répondre rapidement se comptent sur les doigts d’une main. Quant à démarcher pour la première fois… c’est la loterie (avec des probabilités un peu plus favorables, tout de même).

Que faire ?

Si je pouvais choisir, j’appellerais. Ça, c’est pour le marché français. C’est ce qu’il y a de plus efficace. Mais voilà… j’suis un peu timide, et je me sens étrangement protégé quand j’envoie un email. Pourtant, je sais bien que les rédac’ chef photos sont submergés d’emails : alors que j’étais interne dans un grand magazine français, j’ai pu remarquer que le chef avait pas moins de 600 (six-cents !) messages non-lus… et l’un d’entre eux était sûrement le vôtre. C’est pas tellement qu’il n’en avait rien à foutre : il n’avait tout simplement pas le temps de tout lire.

Mais voilà ce qu’il faut faire, si l’on ne veut pas se décourager. Déjà, ayez toujours une bonne raison de contacter quelqu’un et surtout :

quand vous envoyez un email, faites court ! Vraiment. Vous êtes photographes, vous glisser en pièce jointe quelques-unes de vos images, éventuellement un synopsis (court)… ça colle au mag’ que vous contactez : « pourquoi ne pas se rencontrer ? » N’essayez pas d’en faire trop, parce que si c’est trop long, la lecture en sera remise à plus tard… et ça se perd vite, un email.

quand vous appelez, faites de même ! Soyez sûr d’apprécier un minimum le journal, l’agence, etc. à qui vous envoyez vos images ! Ça paraît évident mais je rencontre pas mal de photographes qui envoient à tout le monde sans se poser de question… Mieux vaut avoir une idée de la façon dont vos photos s’intégreraient au medium que vous approchez. Si ce n’est pas le cas, rien ne sert d’appeler, il n’y aura de toute façon pas de place pour vous… et pire : vous pourriez passer pour un(e) relou.

Et la réponse ?

Ça arrive parfois : vous recevez une réponse enthousiaste ! mais la plupart du temps, c’est d’abord une réponse polie, parfois même si rendez-vous est pris… mais une réponse, quelle qu’elle soit, c’est déjà très cool.

Soyez prêt à défendre la moindre image de votre portfolio, parce qu’il vous faudra peut-être l’expliquer… et mieux vaut ne pas trop se planter à ce moment-là ;

Après une rencontre, une réponse, demandez si vous pouvez ajouter le contact à votre mailing list, histoire de rester en contact. Si l’on vous dit « non », vous avez déjà un indice sur la suite (à 99,9%, disons). Mais si c’est « oui », alors vous savez déjà que votre travail n’ennuie pas trop votre interlocuteur, c’est un bon départ, non ? Moi, je vois ça comme un bon départ.

Et alors, quand reçoit-on une commande ?

Je n’en aucune idée. Mais voilà quelques exemples pour vous faire une opinion…

– Je travaille pour Le Monde. Je crois qu’il a fallu un an après le premier test pour qu’ils me rappellent… puis c’est devenu régulier ;

– Je travaille pour Enjeux Les Echos. Il a fallu un ou deux ans avant que l’on demande à voir mon book après mon premier mail ! mais peu de temps après, j’ai reçu ma première commande de leur part.

– Côté corpo, voilà quelques mois que je travaille pour All Contents. Et là, le premier email, c’était il y a deux ou trois ans ! quand soudain… « est-ce que tu es dispo ? » Et je ne manque vraiment pas d’exemple de ce genre. Alors, ne vous découragez jamais. Ça ne tient qu’à ça. Je suis même persuadé qu’on peut réussir même quand on est mauvais, si on a la ténacité ! Bien sûr, gardez toujours le contact avec les personnes contactées / rencontrées. Sans les spammer, ajoutez-les à votre mailing-list (je conseille MailChimp, super service, et de bons conseils).

Et relisez A Photo Editor qui, je crois n’est pas exactement de mon avis. Une chose est sûre : ne restez jamais assis à attendre !