Photojournalisme, ou comment redécouvrir l'eau tiède.

Premier jour à Visa pour l’image. D’entrée de jeu, à l’hôtel Pam’s, je me laisse surprendre : pourquoi tant de photographes équipés comme s’ils étaient venus photographier Beyrouth ?

Jean-François Leroy à la projection du soir au Campo Santo de Perpignan / photo : Antoine Doyen

Jean-François Leroy à la projection du soir au Campo Santo de Perpignan / photo : Antoine Doyen

Récupération de l’accréditation, puis je pars découvrir les expositions de Stanley Green sur la route de la soie, Jan Grarup et le génocide du Darfour.  Et quelques autres au couvent des Minimes : Yuri Kosyrev à Bagdad, Horst Faas et sa guerre du Vietnam… épatant. Beaucoup de noir & blanc et, parmi les reportages récents, une tendance parfois… chiante à la retouche : Photoshop se voit parfois un peu trop, les ciels, les ombres…

Relâche, lecture de book à l’ANI, je présente mes travaux à une icono, elle me dit ce qu’elle en pense. On évoque quelques pistes : à qui les présenter… à qui vendre. Je note. Et puis je retrouve les camarades de l’EMI-CFD, comme Pierre Morel, lauréat du tremplin l’an passé.

Mais il est déjà 19h et je n’ai pas encore compris ce qu’est le festival de Jean-François Leroy. En compagnie de Séb’ et Mison-Mison, ainsi que de Baptiste & Jeanne (Afrique In Visu) que je rencontre enfin, je file à la projection qui a lieu au Campo Santo. Comme beaucoup ici, j’ai lu les interviews de J.-F. Leroy dans la presse, le journalisme à défendre… ce genre de choses. Mais sur les écrans, le journalisme devient spectacle : musique tonitruante sur la retrospective AFP puis ces reportages qui défilent sur un écran gigantesque… ça balance bien, mais le son colle rarement aux images : je finis par croire que la musique n’est là que pour nous garder éveiller… ou le fait d’un monteur sourd ? Du coup, certaines histoires paraissent sur-vitaminées, d’autres sont presque gâchées.

Quelques sujets ressortent quand même : « Jeans Factory », de Justin Jin, sur l’industrie du… jean en Chine. Et, contre la déforestation aux U.S., les éco-guerriers américains photographiés par Christopher Lamarca. La projection de ce mardi soir se termine par « La Turquie d’Est en Ouest », photographiée par George Georgiou. Le sujet est pas mal, mais sans légendes, ne demandez pas à comprendre… et sans qu’il le veuille, ce sujet est présenté par l’organisation d’une sentence lénifiante : « aujourd’hui, en Turquie, l’urbanisation modifie les traditions, les coutumes ». Ou comment redécouvrir l’eau tiède…

Ceci est une parenthèse.

Hier, il faisait chaud et moite à Paris, C’était assez désagréable.

La Flotte en Ré / photo : Antoine Doyen

Mais ce matin, j’ai débarqué sur l’île de Ré (photo). Ben ça va faire vachement de bien… l’occasion de tester le D700 avec un 50 mm et un vieux 28.

Si tu ne viens pas à Olivier Roller, Olivier Roller viendra à toi.

J’ai déjà évoqué Olivier Roller, sur ce blog. J’aurais souhaité devenir son assistant. On s’est rencontré deux fois mais ça ne s’est jamais fait, entre la Fnac, le manque de temps et l’inscription à l’EMI…
Cette semaine, Olivier Roller, portraitiste réputé, est intervenu à l’emi-cfd.

les deux assistants d'Olivier Roller

Après une matinée consacrée à une petite esthétique du portrait, nous n’avons pas traîné : direction son studio, près de République. Le but ? « Photographier un jeune étudiant militant de Lyon (ndr : à gauche sur la photo), actuellement de passage à Paris ». Chacun de nous a dix minutes pour réaliser son portrait. Je passe vers 14h30, évidemment, je suis en retard, merci la 13 et donc : j’arrive à 14h30 tapante, j’installe un flash & parapluie en même que j’invite Bruno Belleudy à s’asseoir. Je discute avec lui avant, et en même temps, aussi… j’ai pas vraiment l’impression qu’il soit très militant, mais pourquoi pas.

Le lendemain matin, on fait le point, on fait passer les photos des uns et des autres sur le projecteur : Olivier Roller critique nos travaux. Il nous fait comprendre où ça marche… et où ça pêche. Et, forcément, on apprend qu’Olivier Belleudy n’est pas militant… mais assistant photo.

Histoire de rebondir sur ce premier exercice, retour au studio ! Et cette fois-ci, nous photographions Caroline, son autre assistante, toute en réserve. Je me souviens que dans l’appartement de Roller, il y a un vieux fauteuil et cette fille a ce visage des tableaux flamands… j’essaie de retrouver l’ambiance, c’est pas évident : on ne peut pas bouger le fauteuil qui est cassé, la lumière extérieure rebondit mal…

16h : nouveau compte-rendu, même contenu, mais cette fois-ci, on mesure les changements d’une session à l’autre. Qu’Olivier Roller, qui a fait ses preuves, soit celui qui guide nos regards dans les portraits qui défilent est un vrai plus pour prendre du recul sur nos travaux. J’ai trouvé ça encourageant pour la suite.

Vous connaissez les P.O.M., ces « Petites Œuvres Multimédia » que Wilfrid Estève tend à développer ? Olivier Roller y a participé :

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Pas de gilet multipoche, mais le cœur y est.

Ce mardi, à l’emi-cfd, Lorenzo Virgili nous expliquait comment tenir correctement un boîtier (photo).

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J’ai souvent eu l’occasion de mettre en pratique la plupart de ses trucs & astuces, de l’entretien à la prise en main. On a aussi pu apprendre quelques petites choses qui ne m’étaient jamais venues à l’esprit : toujours attacher son sac où que l’on soit (enfin je le faisais déjà… mais pas toujours), une petite goutte de vernis à ongle pour maintenir en place ce foutu œilleton perdu deux fois… Gaffer le boîter pour éviter une usure prématurée, aussi. Ça paraît si évident quand on le sait ! Tant mieux.