Mes vacances chez les nazis.

Non, ce titre de blog n’est pas très correct et sûrement pas journalistique, parce qu’il faut se rendre à l’évidence : «il n’y a pas de nazis, ici. Et le NPD est un parti démocratique, n’est-ce pas ? Je ne vois pas pourquoi ça me gênerait.»

Jamel's bus station.

Jamel's bus station.

Oui, Jamel est assurément un village à part. L’Allemagne de l’Est, là, tout au Nord, dans une région qui ne transpire pas l’opulence… Un terrain de jeu idéal pour l’extrême droite. Jamel, c’est ce petit village d’une dizaine de maisons où les habitants sont réputés être des sympathisants du NPD. Jamel est un joli petit village perdu dans la nature. Un joli petit village perdu dans la nature qui affiche fièrement sa devise dans la rue principale : « frei-sozial-national ».

Un endroit charmant dans lequel, début mai, je suis allé passer quatre jours en compagnie de deux journalistes, l’une française, Anastasia Lévy, et l’autre allemande, Kathrin Aldenhoff. On avait lu un article du Spiegel sur le sujet, mais on n’avait rien trouvé en France. Personne n’en parle trop, sauf à reprendre la trad’ du Spiegel, de Courrier International à Slate.fr et du coup, on a pensé qu’on pouvait aller voir ça de plus près. Lycéen puis étudiant, je militais à Ras l’Front. Je n’ai jamais accordé de crédit à l’extrême droite, mais j’ai toujours eu à cœur de la comprendre. Si j’entreprends de la photographier, j’espère éviter les clichés, la confrontation facile.

Ce n’est pas exactement un sujet aisé. Dans le cas présent, les milit… les habitants du village ont, je pense, reçu la recommandation suivante : pas d’esclandre, pas de revendication. Alors on se fait recevoir gentiment, on parvient à parler un peu, mais on se fait surtout dégager avec un large sourire. L’atmosphère est plutôt lourde, mais tout le monde tient le même discours : pas de nazis ici. Et les cheveux courts, c’est une coïncidence. On n’est pas trop dupe : des codes vestimentaires aux tatouages pas toujours bien cachés, «tout» est là.

Pour le moment, ce n’est pas vendu : on est parti comme ça, mais on ne sait pas qui va le publier. Quelques mag’ ont montré de l’intérêt, mais rien n’est joué, c’est la règle. Je ne peux donc pas encore vous dire où ni même si ce sera publié. Reste que ce séjour marque mon intérêt de plus en plus prononcé  pour la photographie documentaire, que j’avais un peu laissée de côté avec mon soucis de faire « tourner le business » : alors que je travaille comme un âne dans le portrait, j’ai encore le sentiment d’être un débutant quand il s’agit de présenter un sujet. Comme j’ai également un goût prononcé pour les sujets publiés, je vais tâcher de trouver un juste équilibre, tant qu’à faire. Non ?

Cannes !

Oui, je le dis comme un grand « ouf » de soulagement… L’an passé, j’avais terminé le festival à 10 de tension (véridique), alors cette année, je ne me suis pas fait avoir : on ne mélange pas les alcools et on rentre tôt !

Director Bouli Lanners with actors  Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel at the Cannes Film Festival for the movie "Les Geants". (Photo: Antoine Doyen)

Le réalisateur Bouli Lanners et les jeunes acteurs de son film "Les Géants" au Festival de Cannes.

Quatre à cinq rendez-vous par jour, tout de même, plus d’une trentaine de portraits… rythme frénétique, contraintes difficiles – oui, il y a « trop » de soleil à Cannes… et surtout trop de surfaces blanches à mon goût ! Quelques jolies séries quand même, elles n’auront pas toutes été publiées mais c’est la dure loi de la presse : la pagination de Métro s’est retrouvée bousculée par l’affaire Strauss-Kahn, forcément. Les images se retrouvent donc chez Contour by Getty Images,  elles vont faire leur vie dans le monde entier au gré des sorties de film. Quant à moi, je retourne me coucher… oh ! non : le travail a déjà repris.

Ému comme un gosse : portfolio dans Studio Ciné Live ce mois-ci !

Depuis le vendredi 11 février, retrouvez mon portfolio sur le festival de l’Alpe d’Huez dans Studio Ciné Live !

Malgré un froid glacial, les spectateurs font la queue pour le film du soir au festival de l'Alpe d'Huez.

Studio Ciné Live, déjà trois ans depuis que je les ai rencontrés pour la première fois : tu montres ton book, c’est pas encore parfait, on te le dit sans te le dire, tu sais qu’il y a encore un peu de travail. Alors tu continues à bosser ton style (et à l’époque, c’est peu dire que je peine à le définir), tu prends le temps de réfléchir cinq minutes, c’est pas mal, et puis t’y retournes, tu sais pas trop… Finalement, l’an passé, au Festival de Cannes où je faisais quelques portraits pour Métro, j’ai croisé quotidiennement la petite équipe du mag (Aurélie, l’icono, le photographe Marcel Hartmann et son assistant) et on a sympathisé. Sans trop m’en rendre compte, je montrais aussi que je savais bosser vite, et avec la paru quotidienne, le résultat était immédiatement visible.

Les mois passent et nous voilà en décembre, ça tombe un vendredi matin très tranquille, j’ouvre facebook et là, Aurélie m’interpelle sur le chat’ : « t’as prévu quelque chose fin janvier ? — non, rien pour le moment ! » Et me voilà bientôt à l’Alpe d’Huez. J’ai rarement bénéficié d’aussi bonnes conditions de travail : j’étais en commande directe pour un mag’ de cinéma — première fois ! —, je pouvais voir les films le soir venu et, cerise sur le gâteau, j’ai pu profiter (un peu) des pistes de ski ! À Cannes, tu ne peux pas skier… Je suis flatté que Studio Ciné Live m’ait donné cette opportunité et depuis que le numéro de mars est disponible en kiosque, je suis même ému ! Comme quoi, ça valait sûrement le coup de finir le festival de Cannes avec 10 de tension (véridique).

Pour voir les photos, rendez-vous en kiosque !

L’Alpe d’Huez : ski et premières photos !

Ouf ! Je suis arrivé hier après-midi à l’Alpe d’Huez pour assister à son festival du film de comédie. Très joli endroit, bel accueil, l’équipe du festival se débrouille bien !

Arrivée au festival de l'Alpe d'Huez, par le bus.

Ce matin, première séance photo avec l’équipe du film « Mon père est une femme de ménage ». C’était plus détendu qu’à Cannes, c’est le moins qu’on puisse dire ! Toujours des portraits à faire en 5 min, mais on sent tout de suite qu’il y a moins de stress, un peu moins de pression… et surtout moins de rendez-vous, puisque moins de films. Alors du coup, j’ai pu chausser une jolie paire de skis cet après-midi ! Nul besoin de vous dire que ce sont les meilleures conditions de travail que j’ai jamais eues ! Merci Studio Ciné Live : portraits le matin, ski l’après-midi… je sais bien que ça va s’intensifier au fur et à mesure et je suis d’abord ici pour travailler, mais eh ! ce serait bête de ne pas en profiter… ça me manquait depuis 15 ans.

Bon, du coup, je me sens un peu obligé de bien faire les choses, quoi. Normal.