Ouf ! Je suis arrivé hier après-midi à l’Alpe d’Huez pour assister à son festival du film de comédie. Très joli endroit, bel accueil, l’équipe du festival se débrouille bien !
Arrivée au festival de l'Alpe d'Huez, par le bus.
Ce matin, première séance photo avec l’équipe du film « Mon père est une femme de ménage ». C’était plus détendu qu’à Cannes, c’est le moins qu’on puisse dire ! Toujours des portraits à faire en 5 min, mais on sent tout de suite qu’il y a moins de stress, un peu moins de pression… et surtout moins de rendez-vous, puisque moins de films. Alors du coup, j’ai pu chausser une jolie paire de skis cet après-midi ! Nul besoin de vous dire que ce sont les meilleures conditions de travail que j’ai jamais eues ! Merci Studio Ciné Live : portraits le matin, ski l’après-midi… je sais bien que ça va s’intensifier au fur et à mesure et je suis d’abord ici pour travailler, mais eh ! ce serait bête de ne pas en profiter… ça me manquait depuis 15 ans.
Bon, du coup, je me sens un peu obligé de bien faire les choses, quoi. Normal.
L’hiver, le froid, mal au dos, matos lourd, petit bureau, dans ma chambre. Et la déprime de saison ? ok, peut-être. Je travaille de plus plus, et donc je sors régulièrement de chez moi… mais je reste aussi beaucoup devant mon ordinateur. Malheureusement, mon bureau n’est pas idéal, et il faut vraiment que je trouve quelque chose en dehors de la maison, histoire de me dépayser un minimum… Le taf à une minute du lit, certains en rêvent, moi ça m’angoisse.
Dominique Reynié au siège du Monde, jeudi 16 décembre 2010.
Et donc hier ? Réveil tardif, pas très envie d’affronter ma to-do-list longue comme un bras, euh, long, dont quelques urgences : un editing pour Propos, quelques coups de fil à passer… 11h, tu prends ta douche, ok, tu vis de la photo, mais tu ne sais plus dans quelle direction tu vas… Je croyais qu’avec l’expérience, tout deviendrait plus facile : il n’en est rien. Au contraire, alors que depuis quelques mois, on m’appelle régulièrement pour un portrait ici, un reportage là, je me pose de plus en plus de questions : la première est celle du style, de l’esthétique que j’adopte… et puis ça me chatouille de travailler en direction de la pub : ça paie un peu mieux que la presse, les enjeux professionnels sont importants – j’adore la pression – et je pourrais me consacrer plus souvent à des sujets perso en m’inquiétant un peu moins de mes revenus. OK. Mais par quel bout la prendre ? Trouver un agent fait partie du plan : bosser avec quelqu’un qui a du recul par rapport à ce que tu fais, par rapport au milieu, abandonner petit à petit certains boulots chiants pour se concentrer sur des projets plus motivants.
Et puis, hier, l’opportunité de trouver un bureau bien situé avec des gens cool – mais rien n’est joué –, puis un coup de fil du Monde pour venir photographier dans leurs locaux le politologue Dominique Reynié (interview à paraître samedi après-midi). D’un coup, journée bouleversée ! tu vérifies la charge de la batterie du flash qu’en fin de compte tu n’utiliseras pas, tu files à Saint Lazare visiter les bureaux, tu reprends le métro pour Glacière, tu rigoles quand ceux qui te bousculent s’aperçoivent qu’un pied photo, en fait c’est douloureux…
J’aime bien travailler pour le monde. D’abord, il y a l’ego – oui, Le Monde, quoi – et puis surtout, je photographie des sociologues, des politiques… ou un scénariste. Et puis un bureau… pouvoir couper avec une journée de boulot une fois rentré. Le rêve (j’ai des rêves simples) ! Et la journée se termine au Chien Stupide avec ta femme et une amie… parfait, tu fais moins la gueule.
Au début du mois, et à l’initiative de Pierre, le café du mercredi matin a repris ! J’avais créé la chose avec quelques potes photographes il y a quoi, 1 ans ? 2 ans ? et finalement, ça marche toujours de la même manière : de un (pas de bol…) à une dizaine de photographes de presse se retrouve aux aurores en milieu de semaine pour échanger sur leurs expériences récentes.
Le café du mercredi, avec Léo Ridet et Pierre Morel. Photo : Antoine Doyen
OK, parfois, on est parfois très mal luné mais à 8h du mat’, disons que ça fait partie du jeu. Pour plus d’info, et si vous êtes photographes de presse, ça se passe sur le groupe Facebook.