Au début du mois, CAP 21 m’a demandé d’accompagner la députée européenne Corinne Lepage toute une journée à Strasbourg, de la gare de l’Est au Meeting d’Europe Écologie. Ceux d’entre vous qui suivez mon blog depuis un petit moment êtes au courant que je sais volontiers m’intéresser à la politique. Ces dernières semaines, je suis plutôt porté sur les questions de santé, mais ce n’est jamais très loin (encore un sujet pour lequel il va falloir croiser les doigts très fort…).
En attendant de publier enfin un sujet complet dans la presse magazine, c’était l’occasion de me poser quelques questions de déontologie. Pouvais-je travailler directement pour un parti politique ? Je ne suis membre d’aucun parti. À vrai dire, j’ai vite réglé le problème : n’étant jamais en reportage sur ces questions, je n’étais à aucun moment en porte-à-faux vis à vis de mon travail de journaliste. Du reste, on ne m’a pas demandé de transformer la réalité, mais bien de suivre une personnalité politique dans l’exercice de ses fonctions, et c’est tout.
Aujourd’hui, il me semble impossible pour un jeune photographe de gagner sa vie uniquement grâce à la presse (je ne sais même pas si c’est encore le cas pour les « vieux » photographes…). Nonobstant, je ne prends pas mes incursions hors presse à la légère et évite soigneusement les demandes où l’on me demanderait de travestir la réalité. Et c’est un faux problème : il se trouve que je travaille presque toujours aussi librement en corporate que pour la presse.
Mon reportage à Strasbourg en constitue un bon exemple : si c’était un journal qui m’avait envoyé en commande, je n’aurais pas photographié autrement Corinne Lepage. Mais j’aurais peut-être moins entendu de bruits de couloirs…


