[lang_en]Those who follow me either on Facebook or via Twitter already know I went to Wichita, KS in late June.
Wichita, KS : The pro-life crusaders’ spleen – Images by Antoine Doyen
I was there with fellow journalist Jean-Cosme Delaloye from La Tribune de Genève (CH). Shooting this story about abortion was a great experience: I went to meet controversial people, have a better understanding on a matter I didn’t know that well…
Technically speaking, I knew it would be more portraits than anything, since we had a lot of appointments in only two days. Meanwhile, I’ve done the best I could so it would also be consistent as a photo essay. Now the story has been published in August. Once. In Switzerland. And. That. Is. That.
Truth be told, I believe there is a strong story, here. My guess is Getty Reportage thought so, too, since they’re distributing it outside France. From July til September, I emailed several papers to tell them about that story in my country. I could not count those I emailed… but I could tell how many answered.
Please bear in mind I do not feel bitter. In fact, I was warned: French press ain’t doing that okay, those days, and obviously, selling a story isn’t quite easy. Besides, being a young journalist, there could be a trust issue. Nevertheless, I didn’t guess any appointment to discuss that. Only a few conversations, some straw of interest… that’s it. What’s now? Well: I stopped trying. Getty has the story. Fine! Let them catch something. But it definitely raised a lot of questions for me… I’ve always defined myself as a photojournalist. Yet, obviously, I’m gonna make more & more from corporate assignments (that is: shooting happy white collars in firms, or nice portraits) than journalism. Not than I don’t like corporate work: in fact, I do! But feeling like I don’t get the point about how one should progress as a photojournalist really hurts.
Are you a photojournalist? How do you do, those days? Do you earn your whole life out of it? Unfortunately, I think I already get the answer…[/lang_en]
[lang_fr] Ceux d’entre vous qui me suivez soit sur Facebook, soit sur Twitter, savez déjà que je me suis rendu à Wichita (Kansas) en Juin dernier.
Wichita, KS : The pro-life crusaders’ spleen – Images by Antoine Doyen
J’y étais avec Jean-Cosme Delaloye, correspondant aux États-Unis de la Tribune de Genève (Suisse). Photographier une telle histoire a été une excellente expérience : nous avons rencontré des personnalités singulières, au discours controversé, cela m’a donné l’occasion de mieux comprendre un sujet que je connaissais mal.
Sur le plan technique, je savais qu’il y aurait surtout des portraits, et nous n’avions que deux jours sur place. N’empêche, je me suis débrouillé pour photographier tout ce que je pouvais afin que cela ressemble vraiment à un reportage complet. Il a été publié en août. En Suisse. Et. C’est. Tout.
À dire vrai, je pensais vraiment tenir une histoire solide. J’imagine que Getty aussi, puisqu’ils le distribuent hors France. De juillet à septembre, j’ai envoyé un paquet d’e-mails aux rédactions françaises. Je ne saurais pas me souvenir combien j’en ai envoyés… mais je sais combien ont répondu.
N’allez pas croire que je sois aigri, ni même amer. En fait, j’étais même prévenu : en France comme ailleurs, la presse ne va pas si bien et, à l’évidence, vendre un sujet n’est pas évident. De surcroît, étant un jeune journaliste, je pose peut-être un problème de crédibilité. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas obtenu le moindre rendez-vous. Quelques conversations, deux, trois avis. Une proposition en conférence de rédaction, même. Mais sans plus. Et maintenant ? Eh bien j’ai lâché l’affaire. Getty a les droits… laissons-les trouver une rédaction intéressée.
Ceci posé, ça me pose quand même pas mal de questions ! Je me suis toujours défini comme photojournaliste. Mais, à l’évidence, c’est de plus en plus grâce au « corporate » que je vais gagner ma vie ; comprendre : en photographiant des cols blancs dans leurs bureaux, ou peut-être des portraits de gens satisfait. Non que ça me déplaise, bien au contraire ! J’adore le côté « business » que ça implique. Mais avoir le sentiment ne plus comprendre comment progresser en tant que photojournaliste m’énerve vraiment.
Et vous ? Vous êtes photojournaliste ? Ça se passe comment, pour vous, en ce moment ? Vous tirez vos revenus uniquement de la presse ? Malheureusement, je crois que j’ai déjà la réponse…[/lang_fr]
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