Ému comme un gosse : portfolio dans Studio Ciné Live ce mois-ci !

Depuis le vendredi 11 février, retrouvez mon portfolio sur le festival de l’Alpe d’Huez dans Studio Ciné Live !

Malgré un froid glacial, les spectateurs font la queue pour le film du soir au festival de l'Alpe d'Huez.

Studio Ciné Live, déjà trois ans depuis que je les ai rencontrés pour la première fois : tu montres ton book, c’est pas encore parfait, on te le dit sans te le dire, tu sais qu’il y a encore un peu de travail. Alors tu continues à bosser ton style (et à l’époque, c’est peu dire que je peine à le définir), tu prends le temps de réfléchir cinq minutes, c’est pas mal, et puis t’y retournes, tu sais pas trop… Finalement, l’an passé, au Festival de Cannes où je faisais quelques portraits pour Métro, j’ai croisé quotidiennement la petite équipe du mag (Aurélie, l’icono, le photographe Marcel Hartmann et son assistant) et on a sympathisé. Sans trop m’en rendre compte, je montrais aussi que je savais bosser vite, et avec la paru quotidienne, le résultat était immédiatement visible.

Les mois passent et nous voilà en décembre, ça tombe un vendredi matin très tranquille, j’ouvre facebook et là, Aurélie m’interpelle sur le chat’ : « t’as prévu quelque chose fin janvier ? — non, rien pour le moment ! » Et me voilà bientôt à l’Alpe d’Huez. J’ai rarement bénéficié d’aussi bonnes conditions de travail : j’étais en commande directe pour un mag’ de cinéma — première fois ! —, je pouvais voir les films le soir venu et, cerise sur le gâteau, j’ai pu profiter (un peu) des pistes de ski ! À Cannes, tu ne peux pas skier… Je suis flatté que Studio Ciné Live m’ait donné cette opportunité et depuis que le numéro de mars est disponible en kiosque, je suis même ému ! Comme quoi, ça valait sûrement le coup de finir le festival de Cannes avec 10 de tension (véridique).

Pour voir les photos, rendez-vous en kiosque !

On la refait ? Photographier deux fois la même personne.

Cette semaine, je vais photographier pour la seconde fois l’une des cadres dirigeants d’une grande banque pour un quotidien. Je repense à la discussion que j’ai eue avec Alden lorsque je l’ai revu à New York en octobre : qu’est-ce qui change lorsque l’on photographie la même personne une seconde fois ?

Frédéric Oudéa, à deux ans de différence

Frédéric Oudéa, en 2010 (à gauche) et en 2008 (à droite).

En juin 2008, alors qu’il était rédacteur photo à l’Institutional Investor Magazine, Alden est tombé sur mon site internet et s’est dit que je pourrais bien m’occuper du portrait de Frédéric Oudéa, nouveau patron de la Société Générale suite au départ de Daniel Bouton en pleine affaire Kerviel. Un assistant, le Quantum que je venais d’acquérir… hop, c’était fait. J’étais TER-RO-RI-SÉ. Rendez-vous compte : première commande d’un mag’ américain, rendez-vous avec un grand patron dont l’entreprise était en pleine tourmente… et fallait assurer. « Yes I can, no problem.» J’étais convaincu… mais fallait le dire vite, j’avais surtout le sentiment de faire un pari ; je n’avais pas du tout l’habitude d’un tel contexte. C’était la première fois qu’on me faisait autant confiance sans me connaître. Résultat, le portrait ci-dessus (à droite) et une première paru’ à l’étranger (à gauche) :

Fin 2010, j’y suis retourné pour Enjeux / Les Echos, et là : rien à voir. J’étais à l’aise, ça ne me faisait plus peur. Sans flash, juste un réflo, j’étais beaucoup plus naturel. Deux ans d’expérience en plus, tout simplement. L’occasion de vérifier ce que je m’étais dit après le premier rendez-vous : Frédéric Oudéa, comme bien d’autres à son niveau, paraît très attentif à son image, il fait gaffe à la façon dont il sourit, dont il se tient… mais cette fois-ci, j’ai su allé un peu au-delà, on discute, on sourit un peu… je prends garde au fond, réfléchis à ce que la photo pourrait faire passer… C’est pas facile, un gros plan, mais je suis désormais photojournaliste à part entière. La première fois, je sortais à peine de l’EMI-CFD, je commençais à démarcher les mag’… Peu de temps après, je rencontrais Augustin de Romanet (Caisse des Dépôts) pour Challenges, premier magazine à me proposer des piges régulières. C’était un peu plus facile, il s’agissait de le photographier dans un contexte d’interview :

Augustin de Romanet, Directeur Général de la caisse des Dépôts, pour le magazine Challenges (paru en octobre 2008) et pour Le Monde (paru en décembre 2008)

Deux mois plus tard, je retrouvais le même personnage, et cette fois-ci, c’était beaucoup plus court ! 5 min., pas beaucoup plus, portrait posé pour Le Monde, il est monté sur un ressort, c’est un peu intimidant – est-ce que ça va donner une image intéressante ? – et finalement, c’est justement ce qu’il nous faut : sans qu’on ait à lui donner trop d’indications, il multiplie les poses, bouge sur le canapé de son bureau… son directeur de la communication surveille. C’est terminé, merci et au revoir !

Mercredi, la même expérience, quelques mois d’intervalle entre les deux séances. Ça promet d’être intéressant !

[Mise à jour - 10/2/11] Alden, le rédacteur photo dont je parle plus haut, viens de m’écrire après avoir lu la note :
Je crois que toi & moi en avons parlé la dernière fois que tu es passé à NYC. Quelques-un des photographes que je côtoyais pour Institutional Investor Magazine m’ont dit qu’il leur arrivait de photographier plusieurs fois la même personne, and qu’ils essayaient alors de penser différemment pour la prise de vue, souvent parce que la de la personne avait évolué. Frédéric Oudéa apparaît plus confiant et calme dans la nouvelle série, alors qu’il paraissait plus raide voire inquiet la première fois : il est intéressant de voir les deux photos côte à côte parce que, non seulement ton syle a évolué, mais la personnalité du sujet également ! On sent qu’il est en poste depuis un moment.
(…) Je n’étais pas présent lors des séances photo, but c’est l’impression que je garde des images finales choisies pour les deux articles. Il en va de même pour ta photographie, j’ai le sentiment que ton approche est plus excentrique, décontractée et moins solennelle, quelque soit ton sujet. C’est de cette façon que tu traites tes portraits à Cannes, ceux-là même qui ont valu que je t’appelle pour la commande à l’époque où j’étais en poste à l’Institutionnel Magazine.

Pantheon Nostra : Snatch est en kiosque !

En octobre, je me suis rendu à New York avec Loïc (abstrait ≠ concret) pour Propos, un mag’ que vous retrouverez en kiosque en mars-avril prochain. J’en ai profité pour glisser une petite mission pour un autre jeune mag’, Snatch ! À la demande de Raphaël, je me suis ainsi retrouvé dans St John’s Cemetery, en plein milieu du Queens, à photographier ce lieu étrange où sont enterrées des figures majeures de la mafia new-yorkaise…

Le magazine est en kiosque depuis quelques jours, courez l’acheter !

St. John Cemetery is an official Roman Catholic burial ground located in Queens' Middle Village. Some famous mobsters are buried here in the cloister.




Decembre 2010 - Snatch Magazine : Pantheon Nostra, reportage dans un cimetiere de mafieux, St John's Cemetery dans le Queens, NY.

[lang_en]You think it will sell… but it ain’t.[/lang_en][lang_fr]Vous croyez que ça va se vendre… mais en fait, non.[/lang_fr]

[lang_en]Those who follow me either on Facebook or via Twitter already know I went to Wichita, KS in late June.


Wichita, KS : The pro-life crusaders’ spleen – Images by Antoine Doyen

I was there with fellow journalist Jean-Cosme Delaloye from La Tribune de Genève (CH). Shooting this story about abortion was a great experience: I went to meet controversial people, have a better understanding on a matter I didn’t know that well…

Technically speaking, I knew it would be more portraits than anything, since we had a lot of appointments in only two days. Meanwhile, I’ve done the best I could so it would also be consistent as a photo essay.  Now the story has been published in August. Once. In Switzerland. And. That. Is. That.

Truth be told, I believe there is a strong story, here. My guess is Getty Reportage thought so, too, since they’re distributing it outside France. From July til September, I emailed several papers to tell them about that story in my country. I could not count those I emailed… but I could tell how many answered.

Please bear in mind I do not feel bitter. In fact, I was warned: French press ain’t doing that okay, those days, and obviously, selling a story isn’t quite easy. Besides, being a young journalist, there could be a trust issue. Nevertheless, I didn’t guess any appointment to discuss that. Only a few conversations, some straw of interest… that’s it. What’s now? Well: I stopped trying. Getty has the story. Fine! Let them catch something. But it definitely raised a lot of questions for me… I’ve always defined myself as a photojournalist. Yet, obviously, I’m gonna make more & more from corporate assignments (that is: shooting happy white collars in firms, or nice portraits) than journalism. Not than I don’t like corporate work: in fact, I do! But feeling like I don’t get the point about how one should progress as a photojournalist really hurts.

Are you a photojournalist? How do you do, those days? Do you earn your whole life out of it? Unfortunately, I think I already get the answer…[/lang_en]

[lang_fr] Ceux d’entre vous qui me suivez soit sur Facebook, soit sur Twitter, savez déjà que je me suis rendu à Wichita (Kansas) en Juin dernier.


Wichita, KS : The pro-life crusaders’ spleen – Images by Antoine Doyen

J’y étais avec Jean-Cosme Delaloye, correspondant aux États-Unis de la Tribune de Genève (Suisse). Photographier une telle histoire a été une excellente expérience : nous avons rencontré des personnalités singulières, au discours controversé, cela m’a donné l’occasion de mieux comprendre un sujet que je connaissais mal.
Sur le plan technique, je savais qu’il y aurait surtout des portraits, et nous n’avions que deux jours sur place. N’empêche, je me suis débrouillé pour photographier tout ce que je pouvais afin que cela ressemble vraiment à un reportage complet. il a été publié en août. En Suisse. Et. C’est. Tout.
À dire vrai, je pensais vraiment tenir une histoire solide. J’imagine que Getty aussi, puisqu’ils le distribuent hors France. De juillet à septembre, j’ai envoyé un paquet d’e-mails aux rédactions françaises. Je ne saurais pas me souvenir combien j’en ai envoyés… mais je sais combien ont répondu.
N’allez pas croire que je sois aigri, ni même amer. En fait, j’étais même prévenu : en France comme ailleurs, la presse ne va pas si bien et, à l’évidence, vendre un sujet n’est pas évident. De surcroît, étant un jeune journaliste, je pose peut-être un problème de crédibilité. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas obtenu le moindre rendez-vous. Quelques conversations, deux, trois avis. Une proposition en conférence de rédaction, même. Mais sans plus. Et maintenant ? Eh bien j’ai lâché l’affaire. Getty a les droits… laissons-les trouver une rédaction intéressée.
Ceci posé, ça me pose quand même pas mal de questions ! Je me suis toujours défini comme photojournaliste. Mais, à l’évidence, c’est de plus en plus grâce au « corporate » que je vais gagner ma vie ; comprendre : en photographiant des cols blancs dans leurs bureaux, ou peut-être des portraits de gens satisfait. Non que ça me déplaise, bien au contraire ! J’adore le côté « business » que ça implique. Mais avoir le sentiment ne plus comprendre comment progresser en tant que photojournaliste m’énerve vraiment.
Et vous ? Vous êtes photojournaliste ? Ça se passe comment, pour vous, en ce moment ? Vous tirez vos revenus uniquement de la presse ? Malheureusement, je crois que j’ai déjà la réponse…

J’y étais avec Jean-Cosme Delaloye, correspondant aux États-Unis de la Tribune de Genève (Suisse). Photographier une telle histoire a été une excellente expérience : nous avons rencontré des personnalités singulières, au discours controversé, cela m’a donné l’occasion de mieux comprendre un sujet que je connaissais mal.

Sur le plan technique, je savais qu’il y aurait surtout des portraits, et nous n’avions que deux jours sur place. N’empêche, je me suis débrouillé pour photographier tout ce que je pouvais afin que cela ressemble vraiment à un reportage complet. Il a été publié en août. En Suisse. Et. C’est. Tout.

À dire vrai, je pensais vraiment tenir une histoire solide. J’imagine que Getty aussi, puisqu’ils le distribuent hors France. De juillet à septembre, j’ai envoyé un paquet d’e-mails aux rédactions françaises. Je ne saurais pas me souvenir combien j’en ai envoyés… mais je sais combien ont répondu.

N’allez pas croire que je sois aigri, ni même amer. En fait, j’étais même prévenu : en France comme ailleurs, la presse ne va pas si bien et, à l’évidence, vendre un sujet n’est pas évident. De surcroît, étant un jeune journaliste, je pose peut-être un problème de crédibilité. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas obtenu le moindre rendez-vous. Quelques conversations, deux, trois avis. Une proposition en conférence de rédaction, même. Mais sans plus. Et maintenant ? Eh bien j’ai lâché l’affaire. Getty a les droits… laissons-les trouver une rédaction intéressée.

Ceci posé, ça me pose quand même pas mal de questions ! Je me suis toujours défini comme photojournaliste. Mais, à l’évidence, c’est de plus en plus grâce au « corporate » que je vais gagner ma vie ; comprendre : en photographiant des cols blancs dans leurs bureaux, ou peut-être des portraits de gens satisfait. Non que ça me déplaise, bien au contraire ! J’adore le côté « business » que ça implique. Mais avoir le sentiment ne plus comprendre comment progresser en tant que photojournaliste m’énerve vraiment.

Et vous ? Vous êtes photojournaliste ? Ça se passe comment, pour vous, en ce moment ? Vous tirez vos revenus uniquement de la presse ? Malheureusement, je crois que j’ai déjà la réponse…[/lang_fr]