Et surtout, restez groupés.

Je ne goûte pas particulièrement l’esprit corporatiste. Le coup de se retrouver régulièrement parce qu’on a été formé la même année au même endroit… très peu pour moi.

N’empêche, j’ai lancé l’idée auprès de quelques anciens de l’EMI-CFD : retrouvons-nous tous les lundis matin autour de 8h30. Un café, le journal, quelques idées et autres plans à échanger. Partager nos avancées, nos projets. S’échanger quelques plans ? L’occasion de « vendre » un peu Photoshelter, que j’estime primordial pour les photographes indépendants. J’y ai moi-même mes propres archives : http://pa.photoshelter.com/c/antoinedoyen. Et de se rappeler la nécessité de relancer nos employeurs et autres clients… délicat.

Bon, ce matin, nous n’étions pas très nombreux, juste quatre : les deux Mathieu, Nicolas-François et moi-même. Mais ça valait le coup, on s’est quitté vers 10h00, peut-être un peu avant, la journée n’était pas perdue et ça remet un peu la patate. Ça ne fait pas sonner le téléphone mais au moins, le cœur y est…

Et maintenant, tu es tout seul.

Alors que je cours les rédactions (Studio, Le Figaro, Pélerin, La Vie, Le Nouvel Obs, Le Monde…) pour placer quelques portraits, obtenir quelques commandes, je prends tout de même le temps de terminer les sujets personnels.

Ce week-end, j’étais donc en vadrouille. De Vigneulles-Lès-Hâttonchatel, j’ai ramené des bandes magnétiques sur lesquelles sont enregistrées des concerts de mon grand-père (photo). Il est mort il y a quoi ? cinq, six ans. Voilà, c’est mon sujet. J’ai commencé à travailler là-dessus en février dernier, C’est notre prof à l’emi-cfd Mat Jacob qui nous a tous poussé à creuser près de nous.

J’ai déjà montré le sujet à quelques rédac’, et l’accueil est plutôt positif. Alors que je l’estimais terminé, j’ai cependant été invité à reconnaître qu’on pouvait tout de même chercher un tout petit peu plus… c’est ce que je suis allé faire. On est tout près de la fin, ne manquent qu’une ou deux images. Côté son, j’ai ce qu’il me faut, Valérie commence à monter le P.O.M. qui en résultera.

Je vous laisse, il faut encore que je passe quelques coups de fil…

"J'étais déçu, les violences étaient terminées."

Le vendredi, c’est guerre.

Stanley Green entoure de Sebastien Baverel, Pomme Celarie, Antoine Doyen et Pierre Morel

Stanley Green entouré de Sebastien Baverel, Pomme Celarie, Antoine Doyen et Pierre Morel

Mais avant cela, j’ai rencontré jeudi le nouveau lauréat du tremplin de l’emi-cfd : Hughes Léglise-Bataille succède à Pierre Morel.

À 40 ans, il a commencé la photo il y a trois ans. Banquier, il a quitté son travail en juin. Courageux. Il me rappelle ces gens que je croise lors de mariage : malgré leurs salaires six à sept fois supérieurs au mien, certains me disent envier ma liberté (toute relative…). En janvier dernier, Hughes, quant à lui, avait d’ailleurs osé partir au Pakistan pour les élections : « je suis arrivé trop tard, j’étais déçu », me dit-il. « Les violences étaient terminée. » Les élections reportées, il est reparti un mois plus tard pour les couvrir. Ses photos sont à découvrir sur son compte flickr.

Mercredi soir, j’étais agréablement surpris par la projection ! Après avoir été déçu par le manque de légendes et l’excès d’effet de la veille, j’ai pris plaisir à regarder les reportages projetés. Moins « chargée » que la veille, la projo laissait plus de places aux légendes et la musique était un peu moins déplacée. Aussi me suis-je laisser impressionner par l’agréable reportage de Chris Keulen sur le cyclisme en Afrique, ou les image de Luca Zanetti sur la guerilla de l’ELN, les derniers disciple du Che en Colombie.

Les autres reportages respiraient tout autant : musique & images étaient mieux associées. Ceci étant, je crois que, jeudi soir, j’ai fait une indigestion d’images. Après avoir revu quelques expositions au couvent des Minimes, je me rendu à la projection du Campo Santo. Arrivé à la moitié, j’avais envie de partir. Ce n’étaient pas les sujet en soi, mais plutôt le rythme de l’ensemble : reportages séparés par des rétrospectives sur Mai 68, l’agence Roger-Viollet ou le Figaro Magazine. Et surtout… j’ai vu trop d’images d’un coup. Je recommence à me poser un certain nombre de questions sur les mois qui viennent.

Ce matin, la conférence sur le journalisme en zone de conflit a bien entendu alimenté ce questionnement. Stanley Green (ci-dessus / photo : Rémy Cortin), Lucas Menget, Yuri Kozhyrev et Patrick Robert partageaient leurs expériences de la guerre. Y aller ou pas ? Qu’y laisse-t-on, qu’y amène-t-on… besoin irrépressible de rapporter les drames au reste du monde ?

Dimanche, je quitte Visa avec une check-list qui commence dès lundi… finis, les bras croisés. À Visa, j’ai rencontré les rédacteurs photos susceptibles d’être intéressés par mes récents sujets. Ne reste plus qu’à…

VISA / On a croisé Philippe Lucas

Après 8, 9 heures de routes, Sébastien, Nicolas-François et moi sommes arrivés à Perpignan ! Bien sûr, nous avons su nous reposer, comme ici sur l’aire de Valros, A75.

À deux pas de la gare, nous retrouvons à l’appart’ une bonne partie de l’emi-cfd : Pierre, Mylène, Yves, Nicolas et Carl sont déjà là. Visa pour l’image a commencé, c’est la première fois que j’y assiste. Que vais-je y voir, qui vais-je y rencontrer ? Ce soir, rencontre perso avec Heather, une icono de Seattle ; ça se passe dans le cadre des lectures de portfolio de l’ANI.

Ça commence super bien, des stars en pagaille ! Au retour de la supérette Casino, Philippe Lucas en famille, habillé comme son guignol. Ou l’inverse.

Ce qu’il fait chaud, ici…!

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