En octobre 2010, je me suis retrouvé à New York avec Loïc, aka Abstrait ≠ Concret. En reportage de Wall Street à Harlem, nous sommes allé découvrir le Street Soccer, qui vise la réintégration des sans-abris par le biais du foot – et ça marche !
Le sujet a été produit pour la revue Propos qui devait voir le jours en mars 2011 ; pas de chance, le projet a malheureusement été avorté… Plutôt que de laisser le sujet tomber en désuétude, voici les photos, accompagnée du texte de Loïc !
Bonne lecture.
Street Soccer usa (Jun., Oct. 2010) – Images by Antoine Doyen
Lundi 11 octobre 2010. Je vis le premier jour de ma vie sur le continent américain. Par le truchement d’une série de hasards et de désistements, je suis planté au milieu d’un carrefour de Harlem, au croisement de la 125ème et de Lexington, à guetter l’arrivée d’un bus qui stigmatise nécessairement ses passagers. Il va sans dire que je ne suis pas très serein. Alors que seuls quelques individus semblaient véritablement l’attendre quelques secondes plus tôt, voilà que l’habitacle du M35 – tout juste arrivé – ploie déjà sous la pression d’une marée humaine. Les corps de dizaines d’individus s’entrechoquent dans une violence aussi physique que sociale. Selon un article du New-York Times consacré à ce bus emprunté uniquement par des homeless – parce qu’il ne dessert que des foyers de sans-abris – les utilisateurs ont en fait l’habitude d’attendre dans la bouche de métro ou les boutiques à côté, ne pointant leur ganache qu’au moment où celui-ci se vient s’arrimer le long de la chaussée. Beaucoup des individus qui se succèdent au portillon, ont des mines patibulaires. Tout l’imaginaire des milliers d’heures de films et de séries américaines emmagasiné l’espace de toute une vie, ressurgit. Cette pensée a beau être ridicule, je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression d’être plongé, l’espace de quelques secondes, dans un épisode de The Wire. La plupart de ces types me rappellent les gangstas de Baltimore et l’accent au couteau qui va avec de paire avec ce genre d’existence. D’autres seraient dignes de jouer les figurants dans un long-métrage sur la culture des pimps.Le sentiment manifeste de ne rien n’avoir à foutre ici, de n’être absolument pas à ma place dans ce bus à l’ambiance malsaine, m’envahit malgré moi. Aucun regard menaçant pourtant, ni même d’attention ou de curiosité prolongées à notre encontre, dans ce bus où le photographe, un vieux psychopathe et moi-même, sommes les seuls blancs au milieu d’une soixantaine de reunois et de quelques latinos. Nombre de gars hurlent sans arrêt avec des intonations exagérément ghetto, exhortant le chauffeur à démarrer son putain de bus. Puis sans raison apparente, le ton monte entre le blanc psychotique et un afro-américain au visage plutôt doux. Ce dernier engage les hostilités verbales. Il taxe le vieux taré de raciste. Le ton monte salement entre les deux bonhommes. L’illuminé se retourne sans cesse alors que son opposant est pourtant debout à sa gauche. Les yeux de ce fou aux longs cheveux blanc dégagent une expression terrifiante. Ses gesticulations incessantes traduisent une condition mentale piteuse. La pluie se met à tomber et des éclairs fracassent bientôt le ciel noir new-yorkais alors que les insultent fusent de part et d’autre. Je ne bouge plus et me demande ce que je fous assis là, coincé dans ce putain de bus à l’arrêt depuis pas loin d’un quart d’heure. Je ne dis rien et le photographe assis à ma gauche non plus. Il est pourtant impensable de bouger d’un pouce. C’est dans ces situations qu’on passe des caps mentaux. Je repense à l’heure et demie dans les pattes de la police marocaine à la frontière de Ceuta, six mois plus tôt, en mars 2010, un de ces désagréables moments à foutre sans doute dans le même sac. Alors on se donne de la contenance pour oublier la peur inhérente à ces situations à dix milles lieux de sa petite vie quotidienne et je me surprends à me trouver pathétique, en m’écoutant bafouiller quelques mots sur la pluie à l’attention de mon collègue. Surprenant, cette pluie soudaine hein?
Finalement, le bus démarre et prend la direction de l’échangeur envoyant chaque jour des flots ininterrompus de bagnoles vers le Queens, Brooklyn et le Bronx. Le brouhaha persiste mais la tension diminue petit à petit. Le black – qui n’a définitivement pas une gueule de méchant – explique à l’autre barge qu’il pourrait le démonter à la sortie du bus mais il choisit finalement de se détourner du gaillard. Mon malaise n’a pas disparu, loin de là, mais il a le mérite de diminuer lentement. Une vingtaine de minutes plus tard, nous débarquons sur Ward’s Island au pied du shelter Help USA, ce refuge pour sans domicile fixe, dans lequel nous viendrons à trois reprises en l’espace de dix jours pour suivre plusieurs d’entre eux. A l’intérieur, j’évite tant que possible de croiser les regards, plus vraiment bienveillants cette fois, de ces dizaines de types qui pointent maintenant pour passer la nuit au chaud et s’interrogent clairement sur la raison de la présence de deux petits tocards européens dans un tel lieu. Nous voilà maintenant à arpenter les couloirs verdâtres du shelter, des couloirs glauques, glauque comme la couleur qui donne l’essence à ce mot. Et finalement, tout au bout, après des dizaines de mètres de couloirs, le terrain de street-soccer, tout recouvert de plastique bleu et nos hommes en tenue d’entrainement. Ceux là-même qui m’amènent ici, pour la première fois, en Amérique.
C’est là que j’ai rencontré TK pour la première fois. Au fond d’un dédale de couloirs verdâtres qui mène à un terrain de football en salle mal éclairé, il était là, maillot du Milan AC sur le dos, short et pompes de foot aux pieds. Un peu plus loin, quelques gars se faisaient des passes en se chambrant gentiment. Charlie, le gardien, comme d’habitude, traînait devant ses cages, ses écouteurs vissés aux oreilles. La saison débutait à peine, l’heure était encore à la détente. En ce lundi soir pluvieux d’octobre, TK était l’un des rares sur le terrain à jouer en qualité de bénévole et non en tant que de pensionnaire du shelter. A la différence des dizaines d’autres qu’on trouve à New-York, le foyer Help USA de Ward’s Island offre à chaque habitant l’opportunité d’intégrer une équipe de street soccer – variante du football, le street soccer se joue sur des terrains d’une vingtaine de mètres, à quatre joueurs, au cours de match d’une durée quatorze minutes. Un moyen de se reconstruire à travers le sport, bercé par le bruit sourd des ballons qui claquent contre les balustrades.
Engrenage en temps de crise
TK revient de loin. Né dans l’état du Kentucky, dans Middle West, il quitte les Etats-Unis à l’âge de deux ans avec ses parents, ses trois frères et ses deux sœurs, direction Ilorin – l’une des plus grosses métropoles du Nigéria – dont son père est originaire. Là-bas, la vie de famille est rythmée par les disputes incessantes des parents qui abandonnent souvent les enfants à eux-mêmes. A vingt et un ans, Tokunbo choisit de retourner vivre aux Etats-Unis, à New-York. Il rêve d’une vie meilleure, veut faire des études. Mais les choses ne se passent pas vraiment comme prévu et le gaillard se met à refourguer de la came, de l’héroïne en l’occurrence. Il mène alors grand train, voyage beaucoup, à Londres ou Paris notamment. Puis un jour, il se fait coffrer par la police et mange une peine de deux ans de prison pour possession – selon ses dires – de deux kilos et demi de rabla. Libéré au bout d’un an, il enchaîne des petits boulots de serveurs pendant plusieurs années. En 2007, il retourne à l’école pour obtenir son GED, le diplôme de fin d’études secondaires. Son destin semble alors prendre un tour moins foireux. Mais tout s’écroule pourtant de nouveau à la fin de l’année 2009 quand il perd son emploi de serveur dans un restaurant de Long Island. Incapable de payer son loyer, il est flanqué à la porte par son proprio. Il devient alors « un marginal auprès de [s]es prétendus amis » qui lui tournent le dos, un à un et se retrouve désespérément dans l’obligation de dénicher un endroit où crécher. Un après-midi de novembre 2009, hagard, il monte pour la première fois dans l’infâme M35, en route pour Ward’s Island, à peu près dans le même état que moi le premier jour. A la différence près que lui n’était pas là pour y faire du tourisme journalistique. « J’étais complètement perdu mais en même temps, je ne savais pas ce que je devais ressentir ou comment réagir car je n’avais jamais mis les pieds dans un foyer. Ma confusion était totale. »
TK rejoint alors le cortège des SDF qui survivent tant bien que mal dans la jungle des foyers new-yorkais. A l’époque, la crise économique aux Etats-Unis – consécutive au krach de l’automne 2008 – n’en est déjà plus à sa première victime. Tous les mois, plusieurs centaines de milliers d’emplois sont détruits et en novembre 2009 – au moment où il perd le sien – le taux de chômage atteint 7,2%, son plus haut niveau depuis janvier 1993. Au cours de l’année 2010, le chiffre du chômage frôlera quasiment les 10%.
En trente ans, le nombre de SDF n’a fait qu’augmenter à New York. Là où, en 1983, environ 5000 personnes dormaient chaque soir dans un foyer, le chiffre atteint un pic historique à la fin de l’année 2009 flirtant avec les 40 000 laissés pour compte. Et chaque année depuis 2007, ce sont plus de 100 000 personnes différentes qui font l’expérience de dormir en foyer à New York. Alors qu’à Wall Street les banques bénéficiaient du sauvetage de l’Etat, dans tout le reste du pays – à cause de l’absence d’amortisseurs sociaux – le nombre de sans-abris grimpait à un niveau jamais atteint depuis la crise de 1929.
Catapulté au foyer de Ward’s Island, TK traîne partout avec lui son spleen et sa vieille paire de chaussures de foot. Jusqu’au jour où un pensionnaire lui parle de l’équipe de street soccer du foyer. Fanatique absolu de football – ce mec est capable de se farcir des Sochaux – Le Mans en Pay Per View – TK s’y lance corps et âme. Initiative quasiment unique aux Etats-Unis, l’équipe de street soccer du shelter de Ward’s Island fait littéralement office de cellule de soutien. Bénévoles et permanents aident les gars – souvent en manque de repères – à se réinsérer. Ils établissent avec eux des « objectifs personnels » tous les trois mois, les poussant à retrouver un boulot pour reprendre pied dans une société qui avance comme un bulldozer.
Un sport de meuf
Le choix du football comme vecteur d’intégration peut surprendre. Aux Etats-Unis, il est loin d’être aussi populaire que le basketball, le football américain et le baseball, les trois disciplines reines. Il a pourtant son heure de gloire à la fin des années 1970, quand Steve Ross, le patron de la Warner Bros, investit sans compter dans l’équipe du Cosmos de New-York qui accueille alors des pointures internationales comme les Brésiliens Pelé et Carlos Alberto, l’impayable Italien Giorgio Chinaglia ou encore l’insupportable Kaiser, Franz Beckenbauer. L’aventure part pourtant en couille quelques années plus tard quand le club, empêtré dans des histoires de pognon mal géré, finit par vendre sa pléiade de stars. En même temps que le Cosmos dérive, le soccer retombe dans l’oubli. Essentiellement pratiqué par les filles, notamment à l’université, il traîne alors la réputation d’un sport de gonzesse pendant deux décennies mais redevient attractif en1994, date à laquelle les Etats-Unis organisent la coupe du monde du football pour la première fois. S’il n’atteindra sans doute jamais la popularité des trois grands sports américains, il est toutefois aujourd’hui pratiqué par vingt millions de personnes chaque année.
Lawrence Cann, 32 ans, est l’un des principaux initiateurs du programme de street soccer du foyer Help USA de Ward’s Island. C’est à partir de 1997 – alors qu’il n’est encore qu’un étudiant en art à Davidson, en Caroline du Nord – qu’il prend conscience du potentiel social du soccer. Au retour d’un voyage au Cameroun, le premier de sa vie hors des Etats-Unis, il devient bénévole au sein d’une association locale de distribution de soupe populaire, le Urban Ministry center. Entre deux services, Lawrence écoute beaucoup ceux qui vont et viennent. Il observe l’afflux chaque jour grandissant d’adolescents, livrés à eux-mêmes qui s’ennuient à crever et décide, avec plusieurs travailleurs sociaux, d’intégrer une activité sportive au programme d’urgence alimentaire de l’association.
« Rapidement, le football s’est imposé comme l’activité idéale. Le soccer était un truc relativement nouveau pour nos gars. Ça a pris immédiatement. L’équipe devenait un vrai repère. On apprenait tous ensemble. En plus c’est une activité qui repose moins que la plupart des sports sur des avantages physiques, comme par exemple la taille au basket-ball. Autre point positif, il permet aux immigrés de s’intégrer. Au foot, pas de barrière de la langue, c’est juste le langage du ballon. Et puis, les règles du soccer sont très simples. Bref, c’est clairement un sport plus intégrateur. »
Trophée du fair-play
Pendant plusieurs années, Lawrence Cann anime l’activité du street soccer de l’association et entend parler un jour de la coupe du monde de football des SDF. En juillet 2005, il y emmène une équipe composée des huit meilleurs joueurs du coin – la seule du pays – pour représenter les Etats-Unis en Ecosse. L’équipe se fait éclater sur le terrain mais repart avec le trophée du fair-play. Fort de cette reconnaissance inespérée, Lawrence Cann organise en 2007 une conférence à laquelle participent des travailleurs sociaux de tout le pays. De nombreux intervenants affichent leur envie de mettre sur pied une communauté street soccer pour les sans-abris. Dans la foulée, le garçon commence à travailler avec the National Coalition for the Homeless, chargée de l’amélioration des conditions de vie des sans-abris. A peine deux ans plus tard, pas moins de dix programmes avaient déjà été créés à travers tout le pays. En 2009, il peut alors organiser la première coupe annuelle nationale: la « Street Soccer USA Cup ».
La même année, en janvier 2009, Lawrence Cann s’installe à Big Apple et monte le programme de street soccer du foyer de Ward’s Island, en partenariat avec Help USA. Les instruments pour mesurer le taux de retour de ces programmes sont encore en cours de création mais Lawrence et toute l’équipe de Street Soccer USA se sont déjà rendus compte que dans le courant de l’année où les individus intègrent l’équipe, 75% d’entre eux retrouvent un job ou un appartement, renouent les liens avec leur famille, reprennent leurs études ou vont au bout d’une cure de désintoxication. TK est l’un d’eux. Tout en participant au programme street soccer du shelter, il a consciencieusement passé les entretiens d’embauche dégottés par l’équipe dirigeante. Deux mois après son entrée, il a repris un appartement– « deux mois qui m’ont donné l’impression de durer vingt ans » me confira t-il un jour – grâce à une somme d’argent que lui rend les impôts avant de retrouver un boulot à peine un mois plus tard.
Will Mazzuto, la trentaine, est l’un des responsables du programme au côté de Lawrence Cann. C’est la récession qui l’a indirectement amené à Ward’s Island. Après la perte de son emploi dans la finance à Wall Street début 2009, Will entend parler de l’initiative Street Soccer USA. Entraîneur d’équipes de soccer dans des universités du New-Jersey, il décide à l’été 2009 de mettre son temps de jeune chômeur au service du projet. Le voyant très impliqué, Lawrence Cann lui offre l’opportunité de rejoindre l’organisation comme employé, d’abord à mi-temps. En janvier 2010, il y devient directeur à plein temps partageant ses heures entre l’organisation du tournoi annuel d’une part et la levée de fond, le coaching et le suivi des objectifs des gars de l’autre, à commencer par TK.
Une vie d’Américain moyen
Si TK s’en est sorti rapidement, ce n’est pas franchement le cas de tous. Les résidents restent rarement moins de six mois au foyer. C’est le cas d’Angelo, 22 ans, qui vient juste de trouver un boulot de serrurier dans une petite boutique à Harlem après sept mois passés ici. C’est aussi le cas du « révérend », Anthony, 43 ans, ex-agent immobilier et fondateur de sa propre église – la Chosen Tabernacle Assembly Church, d’obédience chrétienne. Comme d’autres, Anthony a tout paumé avec la crise, à commencer par sa maison et sa petite entreprise. En attendant de retrouver un toit pour sa famille, il étrenne pour le moment ses beaux costards au foyer et à l’Université catholique de St-Johns, à New York où il a repris ses études.
Au final, c’est bien de famille qu’il s’agit avec le street soccer. Après chaque entrainement, les joueurs et les volontaires, encore tout suintant, s’assoient en cercle à même le sol de la petite bibliothèque du foyer, adjacente au gymnase. Tour à tour, chacun se raconte. Angelo, le serrurier explique comment le programme lui a appris à canaliser sa rage. Edwin, un Portoricain d’une quarantaine d’années dit avoir enfin trouvé des gens à qui faire des adieux – lui qui retourne au pays vivre avec sa mère – dans un pays où il dit s’être trouvé souvent seul. Ce moment d’écoute collective est incontestablement l’un des passages forts dans le cheminement de ces homeless vers un retour à une vie non pas plus normale, mais plus conventionnelle, une vie d’Américain moyen.
Pour Lawrence, on sous-estime trop les valeurs de solidarité que véhicule le sport, particulièrement au sein d’un lieu comme le foyer où les gens sont souvent aux prises avec leurs frustrations et enclins à la violence. Si Tokunbo Ajiboye a pu s’en sortir très rapidement, ce n’est sans doute pas grâce au hasard. Quand j’ai demandé à Will ou à Lawrence de me parler de lui, ce sont toujours les mêmes expressions qui sont revenues. « Un meneur« , « une attitude positive« , « un gars curieux qui soutient les autres« . Aujourd’hui, TK a bouclé la boucle. Après le tournoi annuel à Washington en juillet 2010, il a eu le privilège de faire partie des huit joueurs sélectionnés – parmi les désormais vingt équipes de street soccer du pays – pour participer à la coupe du monde des sans-abris à Rio de Janeiro en septembre 2010. Parce qu’il joue bien, bien sûr, mais aussi pour son état d’esprit de leader bienveillant. Là-bas, un recruteur lui a même proposé un contrat à 1500 euros par mois pour aller jouer en deuxième division hongroise mais le garçon connait bien trop le foot pour prendre le risque de se retrouver dans une de ces filières quasi esclavagistes, celles où l’on vous fait signer des contrats pipés à deux francs six sous avec le risque de finir dans un club miteux au fin fond de l’Albanie.
TK cumule aujourd’hui deux boulots de serveurs dans des restaurants de Long Island; surtout pour payer les factures comme il le dit lui-même. Mais depuis un an et demi déjà, il étudie la finance dans une petite université du côté de Times Square avec un objectif, devenir banquier ou investisseur et gagner beaucoup d’argent. Avant ça, il aimerait faire un crochet par la France pour suivre un master et surtout apprendre le français. TK a déjà son plan de vie tout tracé; apprendre le français, retourner au Nigéria, trouver un boulot d’investisseur import-export avec les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et gagner suffisamment d’argent pour revenir ensuite régulièrement en vacances aux Etats-Unis. Avec sa future petite famille évidemment.
En attendant, il fait désormais parti des volontaires de l’équipe de street soccer de Ward’s Island. Il met toujours quelques misères techniques à ses compagnons sur le terrain et a joué les entraineurs assistants auprès de Will durant toute la saison. « Ca veut dire beaucoup pour moi. C’est l’opportunité de rendre ce qu’on m’a donné : jouer la coupe du monde au Brésil ». Pendant toute la saison, il a caressé le rêve de venir avec Lawrence à Paris – où avait lieu l’édition 2011, fin août – pour soutenir l’équipe américaine. Son plan a légèrement foiré mais qu’importe, à partir de la rentrée, c’est lui qui reprendra la tâche d’entraineur et de coordinateur du projet au foyer de Ward’s Island. Finalement, l’American Dream n’est peut-être pas encore tout à fait flingué.
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