I was there with fellow journalist Jean-Cosme Delaloye from La Tribune de Genève (CH). Shooting this story about abortion was a great experience: I went to meet controversial people, have a better understanding on a matter I didn’t know that well…
Technically speaking, I knew it would be more portraits than anything, since we had a lot of appointments in only two days. Meanwhile, I’ve done the best I could so it would also be consistent as a photo essay. Now the story has been published in August. Once. In Switzerland. And. That. Is. That.
Truth be told, I believe there is a strong story, here. My guess is Getty Reportage thought so, too, since they’re distributing it outside France. From July til September, I emailed several papers to tell them about that story in my country. I could not count those I emailed… but I could tell how many answered.
Please bear in mind I do not feel bitter. In fact, I was warned: French press ain’t doing that okay, those days, and obviously, selling a story isn’t quite easy. Besides, being a young journalist, there could be a trust issue. Nevertheless, I didn’t guess any appointment to discuss that. Only a few conversations, some straw of interest… that’s it. What’s now? Well: I stopped trying. Getty has the story. Fine! Let them catch something. But it definitely raised a lot of questions for me… I’ve always defined myself as a photojournalist. Yet, obviously, I’m gonna make more & more from corporate assignments (that is: shooting happy white collars in firms, or nice portraits) than journalism. Not than I don’t like corporate work: in fact, I do! But feeling like I don’t get the point about how one should progress as a photojournalist really hurts.
Are you a photojournalist? How do you do, those days? Do you earn your whole life out of it? Unfortunately, I think I already get the answer…[/lang_en]
[lang_fr] Ceux d’entre vous qui me suivez soit sur Facebook, soit sur Twitter, savez déjà que je me suis rendu à Wichita (Kansas) en Juin dernier.
J’y étais avec Jean-Cosme Delaloye, correspondant aux États-Unis de la Tribune de Genève (Suisse). Photographier une telle histoire a été une excellente expérience : nous avons rencontré des personnalités singulières, au discours controversé, cela m’a donné l’occasion de mieux comprendre un sujet que je connaissais mal.
Sur le plan technique, je savais qu’il y aurait surtout des portraits, et nous n’avions que deux jours sur place. N’empêche, je me suis débrouillé pour photographier tout ce que je pouvais afin que cela ressemble vraiment à un reportage complet. il a été publié en août. En Suisse. Et. C’est. Tout.
À dire vrai, je pensais vraiment tenir une histoire solide. J’imagine que Getty aussi, puisqu’ils le distribuent hors France. De juillet à septembre, j’ai envoyé un paquet d’e-mails aux rédactions françaises. Je ne saurais pas me souvenir combien j’en ai envoyés… mais je sais combien ont répondu.
N’allez pas croire que je sois aigri, ni même amer. En fait, j’étais même prévenu : en France comme ailleurs, la presse ne va pas si bien et, à l’évidence, vendre un sujet n’est pas évident. De surcroît, étant un jeune journaliste, je pose peut-être un problème de crédibilité. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas obtenu le moindre rendez-vous. Quelques conversations, deux, trois avis. Une proposition en conférence de rédaction, même. Mais sans plus. Et maintenant ? Eh bien j’ai lâché l’affaire. Getty a les droits… laissons-les trouver une rédaction intéressée.
Ceci posé, ça me pose quand même pas mal de questions ! Je me suis toujours défini comme photojournaliste. Mais, à l’évidence, c’est de plus en plus grâce au « corporate » que je vais gagner ma vie ; comprendre : en photographiant des cols blancs dans leurs bureaux, ou peut-être des portraits de gens satisfait. Non que ça me déplaise, bien au contraire ! J’adore le côté « business » que ça implique. Mais avoir le sentiment ne plus comprendre comment progresser en tant que photojournaliste m’énerve vraiment.
Et vous ? Vous êtes photojournaliste ? Ça se passe comment, pour vous, en ce moment ? Vous tirez vos revenus uniquement de la presse ? Malheureusement, je crois que j’ai déjà la réponse…
J’y étais avec Jean-Cosme Delaloye, correspondant aux États-Unis de la Tribune de Genève (Suisse). Photographier une telle histoire a été une excellente expérience : nous avons rencontré des personnalités singulières, au discours controversé, cela m’a donné l’occasion de mieux comprendre un sujet que je connaissais mal.
Sur le plan technique, je savais qu’il y aurait surtout des portraits, et nous n’avions que deux jours sur place. N’empêche, je me suis débrouillé pour photographier tout ce que je pouvais afin que cela ressemble vraiment à un reportage complet. Il a été publié en août. En Suisse. Et. C’est. Tout.
À dire vrai, je pensais vraiment tenir une histoire solide. J’imagine que Getty aussi, puisqu’ils le distribuent hors France. De juillet à septembre, j’ai envoyé un paquet d’e-mails aux rédactions françaises. Je ne saurais pas me souvenir combien j’en ai envoyés… mais je sais combien ont répondu.
N’allez pas croire que je sois aigri, ni même amer. En fait, j’étais même prévenu : en France comme ailleurs, la presse ne va pas si bien et, à l’évidence, vendre un sujet n’est pas évident. De surcroît, étant un jeune journaliste, je pose peut-être un problème de crédibilité. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas obtenu le moindre rendez-vous. Quelques conversations, deux, trois avis. Une proposition en conférence de rédaction, même. Mais sans plus. Et maintenant ? Eh bien j’ai lâché l’affaire. Getty a les droits… laissons-les trouver une rédaction intéressée.
Ceci posé, ça me pose quand même pas mal de questions ! Je me suis toujours défini comme photojournaliste. Mais, à l’évidence, c’est de plus en plus grâce au « corporate » que je vais gagner ma vie ; comprendre : en photographiant des cols blancs dans leurs bureaux, ou peut-être des portraits de gens satisfait. Non que ça me déplaise, bien au contraire ! J’adore le côté « business » que ça implique. Mais avoir le sentiment ne plus comprendre comment progresser en tant que photojournaliste m’énerve vraiment.
Et vous ? Vous êtes photojournaliste ? Ça se passe comment, pour vous, en ce moment ? Vous tirez vos revenus uniquement de la presse ? Malheureusement, je crois que j’ai déjà la réponse…[/lang_fr]
15 thoughts on “[lang_en]You think it will sell… but it ain’t.[/lang_en][lang_fr]Vous croyez que ça va se vendre… mais en fait, non.[/lang_fr]”
Pareil, grosso modo. Des sujets que des rédacs trouvent super intéressants avant de partir, et toujours super intéressants au retour, mais… « personne n’en parle » « c’est pas de l’actu chaude » « nous ce qu’on cherche, c’est de l’exceptionnel » etc. Ou pire « on bosse pas avec les gens qu’on connait pas ».
Donc j’en suis au même point, trouver du corpo pour bouffer et financer d’autres reportages. Monter des projets multimédias et démarcher là-dedans. Trouver des sujets intéressants pour la suite…
Je crois qu’on est de plus en plus nombreux à devoir fonctionner comme ça, malheureusement. Mais bon, faut pas désespérer…
Mais la solution est évidente !
Partir en Suisse !
(et puis, le corporate en Suisse… ça ne doit pas être mal non plus…)
Ne jamais lâcher l’affaire….
Faire, défaire et refaire voila pour moi ce qu’implique mon métier.
Même si je galère grave et que pour bouffer je dois faire un autre taff, quand je ramène un sujet et que j’y ai rencontré des gens exceptionnelles je sais pourquoi je fais ce boulot…
on est jeune dans le métier et l’avenir ne peut qu’être meilleur!
Quel courage !
En tant que photographe amateur je ne peux être qu’admiratif devant ton talent et ta façon de mettre en image de simples clichés, félications.
Mais quand je lis ton quotidien et les galères que tu rencontre dans ton métier alors que le talent est là et que tu garde la tête haute et que même si les portes se ferment et que tu passes à la suivante, tu gardes toujours la même motivation et la même détermination…je dis RESPECT.
Ouh là là, vraiment, elle a l’air si déprimante, cette note ? :)
Je tenais juste à exprimer une difficulté réelle, mais pas indépassable, loin s’en faut ! Hasta siempre.
Effectivement c’est frustrant! L’investissement n’est jamais à la hauteur des retombées, mais il ne faut pas croire que le problème vienne du sujet lui même. C’est bien la presse qui est malade. Incapable de se financer, elle délaisse tout un genre photographique et ne fait rien d’autre que construire un galerie de portraits quotidienne et redondante. A nous d’inventer nos canaux de distribution et de nous reconnecter avec le public/lecteur. Je t’invite à lire ceci : http://newsinnovation.com/2009/11/02/the-future-of-news-is-entrepreneurial
et comme on dit: la vérité est ailleurs! ;-)
Je dois dire que devant tant d’auto-congratulation, de pignolage, d’enculage de mouches, de « moi je » ou de « moi photo-journaliste », j’ai la gerbe. Entre les pisse-froid et ceusses qu’ont tout vu, tu dois bien te situer au milieu.
Le doyen, faudrait juste arrêter d’essayer de se prendre pour quelqu’un, pour un grand photographe, pour un donneur de leçons qui se dit photo-journaliste et qui se permet de faire du mariage parce que çà rapporte quat’ sous au black. Si au moins t’avais les burnes de t’installer en artisan et de payer les URSSAF et la TP.
Elle est belle l’éthique, tient.
Bien l’bonsoir chez vous.
Mon premier troll !
Pas de chance, gros malin : pour les mariages, j’ai le statut qui va bien et cotise à l’urssaf.
à bon entendeur,
Bonne nuit, l’aigri !
Mais c’est qu’en plus y défouraille l’auto-entrepreneur photo-journaliste en herbe. Comme disait l’autre, les cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait !
Allez Henri, encore deux trois reportages et à toi la rétrospective à la BNF.
« Les cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait ! » Citation un peu rebattue… mais j’ai bien cru reconnaître un vrai con ici.
Et pourtant, elle envoie du lourd ta série, si je puis me permettre.
Après comme avec toute opportunité, c’est peut être qu’une question de timing…
timing ET moyens financiers ET peur de faire confiance à un jeune :)
mais j’ai bon espoir qu’un jour, peut-être… en attendant, je lance d’autres sujets.
J’ai de plus en plus l’impression qu’il faut « stocker » les sujets et les sortir au bon moment. Les rédactions ne prennent plus les bons sujets coupés de l’actu, ils preferent des photos (au pire) classiques mais en lien avec l’actu. Ce qui est dommage, mais malheureusement c’est comme ça.
Mais si jamais une actu tombe avec un lien plus ou moins direct avec le sujet il faut tout de suite relancer les redacs.
Le photojournalisme/reporter le meilleur métier pour apprendre la théorie de l’oeuf et la poule :
- Pas de carte de presse, tu peux pas bosser–>dans ce cas tu es pas prêt d’avoir la carte
- Photographe pas connu, on évite de prendre le sujet==> tu risques pas d’être connu
Pas d’accord avec la théorie de l’œuf et la poule, et heureusement d’ailleurs : )
A great photo series. What I mostly wanted to say here is that I came across your gallery site, and was thrilled with your style. Wonderful work!
Pareil, grosso modo. Des sujets que des rédacs trouvent super intéressants avant de partir, et toujours super intéressants au retour, mais… « personne n’en parle » « c’est pas de l’actu chaude » « nous ce qu’on cherche, c’est de l’exceptionnel » etc. Ou pire « on bosse pas avec les gens qu’on connait pas ».
Donc j’en suis au même point, trouver du corpo pour bouffer et financer d’autres reportages. Monter des projets multimédias et démarcher là-dedans. Trouver des sujets intéressants pour la suite…
Je crois qu’on est de plus en plus nombreux à devoir fonctionner comme ça, malheureusement. Mais bon, faut pas désespérer…
Mais la solution est évidente !
Partir en Suisse !
(et puis, le corporate en Suisse… ça ne doit pas être mal non plus…)
Ne jamais lâcher l’affaire….
Faire, défaire et refaire voila pour moi ce qu’implique mon métier.
Même si je galère grave et que pour bouffer je dois faire un autre taff, quand je ramène un sujet et que j’y ai rencontré des gens exceptionnelles je sais pourquoi je fais ce boulot…
on est jeune dans le métier et l’avenir ne peut qu’être meilleur!
Quel courage !
En tant que photographe amateur je ne peux être qu’admiratif devant ton talent et ta façon de mettre en image de simples clichés, félications.
Mais quand je lis ton quotidien et les galères que tu rencontre dans ton métier alors que le talent est là et que tu garde la tête haute et que même si les portes se ferment et que tu passes à la suivante, tu gardes toujours la même motivation et la même détermination…je dis RESPECT.
Ouh là là, vraiment, elle a l’air si déprimante, cette note ? :)
Je tenais juste à exprimer une difficulté réelle, mais pas indépassable, loin s’en faut ! Hasta siempre.
Effectivement c’est frustrant! L’investissement n’est jamais à la hauteur des retombées, mais il ne faut pas croire que le problème vienne du sujet lui même. C’est bien la presse qui est malade. Incapable de se financer, elle délaisse tout un genre photographique et ne fait rien d’autre que construire un galerie de portraits quotidienne et redondante. A nous d’inventer nos canaux de distribution et de nous reconnecter avec le public/lecteur. Je t’invite à lire ceci : http://newsinnovation.com/2009/11/02/the-future-of-news-is-entrepreneurial
et comme on dit: la vérité est ailleurs! ;-)
Je dois dire que devant tant d’auto-congratulation, de pignolage, d’enculage de mouches, de « moi je » ou de « moi photo-journaliste », j’ai la gerbe. Entre les pisse-froid et ceusses qu’ont tout vu, tu dois bien te situer au milieu.
Le doyen, faudrait juste arrêter d’essayer de se prendre pour quelqu’un, pour un grand photographe, pour un donneur de leçons qui se dit photo-journaliste et qui se permet de faire du mariage parce que çà rapporte quat’ sous au black. Si au moins t’avais les burnes de t’installer en artisan et de payer les URSSAF et la TP.
Elle est belle l’éthique, tient.
Bien l’bonsoir chez vous.
Mon premier troll !
Pas de chance, gros malin : pour les mariages, j’ai le statut qui va bien et cotise à l’urssaf.
à bon entendeur,
Bonne nuit, l’aigri !
Mais c’est qu’en plus y défouraille l’auto-entrepreneur photo-journaliste en herbe. Comme disait l’autre, les cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait !
Allez Henri, encore deux trois reportages et à toi la rétrospective à la BNF.
« Les cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait ! » Citation un peu rebattue… mais j’ai bien cru reconnaître un vrai con ici.
Et pourtant, elle envoie du lourd ta série, si je puis me permettre.
Après comme avec toute opportunité, c’est peut être qu’une question de timing…
timing ET moyens financiers ET peur de faire confiance à un jeune :)
mais j’ai bon espoir qu’un jour, peut-être… en attendant, je lance d’autres sujets.
J’ai de plus en plus l’impression qu’il faut « stocker » les sujets et les sortir au bon moment. Les rédactions ne prennent plus les bons sujets coupés de l’actu, ils preferent des photos (au pire) classiques mais en lien avec l’actu. Ce qui est dommage, mais malheureusement c’est comme ça.
Mais si jamais une actu tombe avec un lien plus ou moins direct avec le sujet il faut tout de suite relancer les redacs.
Le photojournalisme/reporter le meilleur métier pour apprendre la théorie de l’oeuf et la poule :
- Pas de carte de presse, tu peux pas bosser–>dans ce cas tu es pas prêt d’avoir la carte
- Photographe pas connu, on évite de prendre le sujet==> tu risques pas d’être connu
Pas d’accord avec la théorie de l’œuf et la poule, et heureusement d’ailleurs : )
A great photo series. What I mostly wanted to say here is that I came across your gallery site, and was thrilled with your style. Wonderful work!