Premier jour à Visa pour l’image. D’entrée de jeu, à l’hôtel Pam’s, je me laisse surprendre : pourquoi tant de photographes équipés comme s’ils étaient venus photographier Beyrouth ?
Récupération de l’accréditation, puis je pars découvrir les expositions de Stanley Green sur la route de la soie, Jan Grarup et le génocide du Darfour. Et quelques autres au couvent des Minimes : Yuri Kosyrev à Bagdad, Horst Faas et sa guerre du Vietnam… épatant. Beaucoup de noir & blanc et, parmi les reportages récents, une tendance parfois… chiante à la retouche : Photoshop se voit parfois un peu trop, les ciels, les ombres…
Relâche, lecture de book à l’ANI, je présente mes travaux à une icono, elle me dit ce qu’elle en pense. On évoque quelques pistes : à qui les présenter… à qui vendre. Je note. Et puis je retrouve les camarades de l’EMI-CFD, comme Pierre Morel, lauréat du tremplin l’an passé.
Mais il est déjà 19h et je n’ai pas encore compris ce qu’est le festival de Jean-François Leroy. En compagnie de Séb’ et Mison-Mison, ainsi que de Baptiste & Jeanne (Afrique In Visu) que je rencontre enfin, je file à la projection qui a lieu au Campo Santo. Comme beaucoup ici, j’ai lu les interviews de J.-F. Leroy dans la presse, le journalisme à défendre… ce genre de choses. Mais sur les écrans, le journalisme devient spectacle : musique tonitruante sur la retrospective AFP puis ces reportages qui défilent sur un écran gigantesque… ça balance bien, mais le son colle rarement aux images : je finis par croire que la musique n’est là que pour nous garder éveiller… ou le fait d’un monteur sourd ? Du coup, certaines histoires paraissent sur-vitaminées, d’autres sont presque gâchées.
Quelques sujets ressortent quand même : « Jeans Factory », de Justin Jin, sur l’industrie du… jean en Chine. Et, contre la déforestation aux U.S., les éco-guerriers américains photographiés par Christopher Lamarca. La projection de ce mardi soir se termine par « La Turquie d’Est en Ouest », photographiée par George Georgiou. Le sujet est pas mal, mais sans légendes, ne demandez pas à comprendre… et sans qu’il le veuille, ce sujet est présenté par l’organisation d’une sentence lénifiante : « aujourd’hui, en Turquie, l’urbanisation modifie les traditions, les coutumes ». Ou comment redécouvrir l’eau tiède…
Français
Jamais réussi à aller à Perpignan pour cause d’emploi du temps. Par contre je m’étais fait la même remarque en allant à Arles les mains dans les poches, croisant quantité de photographe visitant les expos bardés de matériels et de gilets gavés d’accessoires… C’était un peu carnaval.
pourquoi tant de photographes équipés comme s’ils étaient venus photographier Beyrouth ?
Parceque quand tu loges dans un appart miteux à Perpignan et que la porte est aussi solide qu’un bout de papier, tu te trimbales le sac lowepro de 10 kilos sur le dos ^^
“aujourd’hui, en Turquie, l’urbanisation modifie les traditions, les coutumes”
Il y avait pire encore : un sujet sur le Rajhastan. La voix off expliquait que les femmes y vivent libres parcequ’elles travaillent plus que les hommes. Première photo du sujet : un groupe d’hommes désœuvrés à assis à une terrasse de café. Deuxième : une femme au turbin, chargée comme une mule.
L’asservissement des femmes, nouveau credo féministe…
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