Sauvagio.
Hier, rencontre avec Nanni Moretti, il diretore del film el Caimano.

C’était mon premier portrait “sérieux”, je veux dire : angoissant. Le personnage n’a pas la réputation d’être facile. Sans qu’il ait d’idées extrêmes, il n’en est pas moins coriaces quand il les exprime. Avec Claire, la journaliste de Metro, nous étions les premiers à le rencontrer après son arrivée à Cannes en fin de matinée.
Ça faisait beaucoup et je savais très bien que je n’aurais que quelques minutes pour la séance photo. Ici, fini, le côté “détente” de mes rencontres avec les cinéastes africains, quand je pouvais prendre le temps de discuter, voir même de ne pas faire la photo directement. Cannes, c’est environ 3 à 4 minutes, guère plus. Je prends alors le temps avant de faire mes réglages pour le flash, etc. Pour Kim Rossi Stuart, j’ai pris un mec qui passait par là , comme ça. Je lui ai demandé de poser un peu.
Et puis, désormais, j’ose y aller cash sous photoshop. En fait, c’est comme si je retrouvais les sensations du labo ! et sans les emmerdes… le masquage, etc… Afin de ne pas verser dans le kitsch, je garde toujours à l’esprit les limites de la chambre noire, je ne m’amuse pas à trouver des filtres à la con. Et puis, je travaille avec la petite phrase de Laurent Abadjan en tête, celle qui m’avait presque vexé… ce qu’il avait dit ? Dans la photo, il faut qu’on sente qu’il s’est produit un rapport particulier au moment de la prise de vue. C’est pas qu’il m’avait appris un truc… ça, je le savais. Mais je l’avais pas toujours à l’esprit, et surtout ! j’attendais trop de mon sujet. Finalement, je vois Moretti qui joue un peu avec sa caméra vidéo… Il ne voulait pas faire la pub de son gadget, mais finalement, il s’est amusé à nous filmer, ça donne cette
photo parue dans Metro :
